fil2fer
Poète libéré
Nouvel an.
Au jeu de loi l’ancien,
Par un soir de décembre
Laisse son trente et un
Pour un premier, plus tendre.
Et à ce nouvel an,
Jeune d’une journée,
Il dit : « Prends donc ton temps ! »
« Dans ton bourgeon : L’année ! »
Son bourgeon fera l’an !
Il pose ses pensées
Noir sur blanc, sur un plan,
Car l’année est tracée.
Et les quatre saisons,
Aux trois autres soumises,
Doivent à la raison
L’ordre où elles sont mises.
Janvier déjà sait qu’il
Doit garder bien couverte
La graine que l’avril
Aimera grande ouverte.
Juillet, août, de leurs feux
Brûleront les pelouses.
Novembre naîtra vieux.
Décembre dira : « douze »
L’année devra compter
De janvier à décembre.
Tout charrier vers l’été
Pour que l’hiver démembre.
Puis donner au bel an
Cette leçon de choses
Qu’avant lui, les printemps,
Portaient les mêmes roses.
C’est de cette façon
Que le temps, de l’épée,
Tranche jusqu’au trognon
Chaque nouvelle année,
La coupe en deux moitiés
Et divisant ses tranches
Met dans douze quartiers
Cinquante deux dimanches.
Fil2fer le 26/12/2012.
Le poids des mots.
Chez moi, sous la poussière,
L’étagère soutient
Le gris de la matière
Et pour rien.
Car sous ses couvertures
La pensée dort au chaud,
Tant l’esprit se torture
D’un fin mot.
Quand je vois l’étagère
Sous tant de livres, tant !
Ployer comme grand-mère,
A cent ans.
J’ai peur d’avoir en tête
Ce savoir dont le poids
Peut plier mon squelette
Fait de bois.
Jamais je ne profane
Ces mots mis tout en tas
Qui mettraient dans mon crâne,
Trop de pouah.
Je laisse donc ces tomes
Retenir gentiment
Les superbes fantômes
D’un vieux temps.
Y tentent d’y survivre
Cinq actes d’Othello,
Qui pèsent bien cinq livres
Pour un kilo.
Ou les vers de Molière,
Les livres de Hugo
Qui font plus que l’haltère
Sans l’ego.
Cette littérature
Aux multiples pinceaux
Qui fit toute peinture
De tous mots.
Cette œuvre de colosse,
Reine aux milliers de rois
Par l’homme mise grosse
Mille fois.
Qui fait toute la somme
Des idées, dont le poids
Est trop lourd pour un homme
Comme moi.
Les livres, je confesse,
Font peu de mes repas
Car le vers, mis en pièce,
Ne se ramasse pas.
Alors, ce bel empire
Est bon tout simplement
A me faire pas lire !
C’est navrant !
Fil2fer, le 15/12/2012.
Les papillons.
Au jeu de loi l’ancien,
Par un soir de décembre
Laisse son trente et un
Pour un premier, plus tendre.
Et à ce nouvel an,
Jeune d’une journée,
Il dit : « Prends donc ton temps ! »
« Dans ton bourgeon : L’année ! »
Son bourgeon fera l’an !
Il pose ses pensées
Noir sur blanc, sur un plan,
Car l’année est tracée.
Et les quatre saisons,
Aux trois autres soumises,
Doivent à la raison
L’ordre où elles sont mises.
Janvier déjà sait qu’il
Doit garder bien couverte
La graine que l’avril
Aimera grande ouverte.
Juillet, août, de leurs feux
Brûleront les pelouses.
Novembre naîtra vieux.
Décembre dira : « douze »
L’année devra compter
De janvier à décembre.
Tout charrier vers l’été
Pour que l’hiver démembre.
Puis donner au bel an
Cette leçon de choses
Qu’avant lui, les printemps,
Portaient les mêmes roses.
C’est de cette façon
Que le temps, de l’épée,
Tranche jusqu’au trognon
Chaque nouvelle année,
La coupe en deux moitiés
Et divisant ses tranches
Met dans douze quartiers
Cinquante deux dimanches.
Fil2fer le 26/12/2012.
Le poids des mots.
Chez moi, sous la poussière,
L’étagère soutient
Le gris de la matière
Et pour rien.
Car sous ses couvertures
La pensée dort au chaud,
Tant l’esprit se torture
D’un fin mot.
Quand je vois l’étagère
Sous tant de livres, tant !
Ployer comme grand-mère,
A cent ans.
J’ai peur d’avoir en tête
Ce savoir dont le poids
Peut plier mon squelette
Fait de bois.
Jamais je ne profane
Ces mots mis tout en tas
Qui mettraient dans mon crâne,
Trop de pouah.
Je laisse donc ces tomes
Retenir gentiment
Les superbes fantômes
D’un vieux temps.
Y tentent d’y survivre
Cinq actes d’Othello,
Qui pèsent bien cinq livres
Pour un kilo.
Ou les vers de Molière,
Les livres de Hugo
Qui font plus que l’haltère
Sans l’ego.
Cette littérature
Aux multiples pinceaux
Qui fit toute peinture
De tous mots.
Cette œuvre de colosse,
Reine aux milliers de rois
Par l’homme mise grosse
Mille fois.
Qui fait toute la somme
Des idées, dont le poids
Est trop lourd pour un homme
Comme moi.
Les livres, je confesse,
Font peu de mes repas
Car le vers, mis en pièce,
Ne se ramasse pas.
Alors, ce bel empire
Est bon tout simplement
A me faire pas lire !
C’est navrant !
Fil2fer, le 15/12/2012.
Les papillons.
La tempête au dehors roulait dans son vacarme
Une rage à pouvoir retourner l’univers.
Le vent faisait le loup. Des fenêtres en larmes
Rapportaient l’histoire et les projets de l’hiver.
La peur et puis la faim, dévoraient mes entrailles.
A huit ans, qui voudrait que l’on soit courageux ?
Tout s’amplifie quand on est de petite taille
Alors je tremblais fort sous les ciels nuageux.
-----
Et pendant ce temps là, sur les maisons bourgeoises,
Le vent, sur les volets, allait casser son nez,
Rien ne perturberait les pas d’une comtoise,
Qui vers le quart suivant partait carillonner.
Ce lieu expliquait ce qu'est en fait le "bien naître".
Un calme fait de vide assoupissait l’endroit
Et des voiles de soie, lynchés à des fenêtres,
N’iraient jamais guincher pour une bague au doigt.
Tout dans ce nid était gelé dans l’habitude.
Epinglés dos aux murs, comme des papillons,
Des tableaux stoppaient net, un geste, une attitude,
Pour montrer, d’un instant, juste un échantillon.
-----
Et pendant ce temps là, j’entendais sur les tuiles
Le vent sauter, rouler, pour prendre de l’élan.
Sur les pentes du toit, luisantes comme l’huile,
Ce fantôme glissait et tombait en hurlant.
En ce temps s’agitait dans mon ventre, une bête,
Méchante comme un loup que j’aurais avalé,
Et qui me remuait, autant que la tempête
Dont j’avais du, croyais-je, aussi me régaler !
Ce n’était que ma faim, ce bruyant locataire.
Le soir, un fond de lait, me ferait un repas,
Ce serait suffisant, pour que veuille se taire,
Le féroce désir de ce que l’on a pas.
C’était dans ces soirs là, d’hiver et de famine
Que ma mère disait « mon dieu je n’ai pas faim ».
« Pour ne pas gaspiller, il faut que tu termines »
« Ton petit bol de lait… Et bois aussi le mien ! »
C’est ainsi que je sus, un soir, dans la tempête,
Qu’il faut se résigner à être courageux.
Et puis, grâce à la faim, la leçon fut complète,
Car j’appris que ma vie se nourrirait de peu.
C’est la dernière fois que je tétais ma mère,
Ce soir où, ignorant, je bus sa part de lait.
Ce souvenir d’enfant, qui mit mon âme amère,
Est, comme un papillon, à mon coeur épinglé.
Fil2fer, Mars 2012.
Une rage à pouvoir retourner l’univers.
Le vent faisait le loup. Des fenêtres en larmes
Rapportaient l’histoire et les projets de l’hiver.
La peur et puis la faim, dévoraient mes entrailles.
A huit ans, qui voudrait que l’on soit courageux ?
Tout s’amplifie quand on est de petite taille
Alors je tremblais fort sous les ciels nuageux.
-----
Et pendant ce temps là, sur les maisons bourgeoises,
Le vent, sur les volets, allait casser son nez,
Rien ne perturberait les pas d’une comtoise,
Qui vers le quart suivant partait carillonner.
Ce lieu expliquait ce qu'est en fait le "bien naître".
Un calme fait de vide assoupissait l’endroit
Et des voiles de soie, lynchés à des fenêtres,
N’iraient jamais guincher pour une bague au doigt.
Tout dans ce nid était gelé dans l’habitude.
Epinglés dos aux murs, comme des papillons,
Des tableaux stoppaient net, un geste, une attitude,
Pour montrer, d’un instant, juste un échantillon.
-----
Et pendant ce temps là, j’entendais sur les tuiles
Le vent sauter, rouler, pour prendre de l’élan.
Sur les pentes du toit, luisantes comme l’huile,
Ce fantôme glissait et tombait en hurlant.
En ce temps s’agitait dans mon ventre, une bête,
Méchante comme un loup que j’aurais avalé,
Et qui me remuait, autant que la tempête
Dont j’avais du, croyais-je, aussi me régaler !
Ce n’était que ma faim, ce bruyant locataire.
Le soir, un fond de lait, me ferait un repas,
Ce serait suffisant, pour que veuille se taire,
Le féroce désir de ce que l’on a pas.
C’était dans ces soirs là, d’hiver et de famine
Que ma mère disait « mon dieu je n’ai pas faim ».
« Pour ne pas gaspiller, il faut que tu termines »
« Ton petit bol de lait… Et bois aussi le mien ! »
C’est ainsi que je sus, un soir, dans la tempête,
Qu’il faut se résigner à être courageux.
Et puis, grâce à la faim, la leçon fut complète,
Car j’appris que ma vie se nourrirait de peu.
C’est la dernière fois que je tétais ma mère,
Ce soir où, ignorant, je bus sa part de lait.
Ce souvenir d’enfant, qui mit mon âme amère,
Est, comme un papillon, à mon coeur épinglé.
Fil2fer, Mars 2012.
Egoïste (1).
Elle est exquise !
Si belle qu’un nabot
Voulant sa bise
Nous chipe l’escabeau.
Vraiment si belle,
Que ses sottes d’humeurs,
Ses coups d’ombrelle,
Nous font boiter du cœur.
Elle est si riche !
Que même oncle Picsou
Meurt et s’en fiche
S’il renaît dans ses sous.
Son mur est riche
C’est un porte Monnet.
Et dans sa niche ?
Un chien colley monté !
Sa peau est douce !
Blanche comme le lait,
Comme la mousse
Qui rase le galet.
Sa danse donne
Un beau coup de ballet
Et emprisonne
Nos cœurs dans son filet.
Elle est secrèteElle est exquise !
Si belle qu’un nabot
Voulant sa bise
Nous chipe l’escabeau.
Vraiment si belle,
Que ses sottes d’humeurs,
Ses coups d’ombrelle,
Nous font boiter du cœur.
Elle est si riche !
Que même oncle Picsou
Meurt et s’en fiche
S’il renaît dans ses sous.
Son mur est riche
C’est un porte Monnet.
Et dans sa niche ?
Un chien colley monté !
Sa peau est douce !
Blanche comme le lait,
Comme la mousse
Qui rase le galet.
Sa danse donne
Un beau coup de ballet
Et emprisonne
Nos cœurs dans son filet.
Et ne dévoile point
Ce qui l’a faite
La plus … tout, la moins … rien.
Car seule en piste
La reine de beauté
Est égoïste…
Ah ! Quelle cruauté !
Fil2fer, le 25/11/2012.
Egoïste (2).
Donne l’eau à ta soif !
A toi la coupe pleine
Si, pour le loup qui traîne,
Tu sacrifies Naf-Naf.
D’un moineau d’appétit
Te veux picorer seule.
Si, par là, minet feule,
Jette lui donc Titi !
Si ton divin se perd,
A l’âme mécréante,
Envoie pour qu’ils la hantent
Les amis de Casper.
Bois ton vin de Médoc
Seul, sous la redingote !
Avant cela ligote
Le capitaine Haddock.
Et si un noir chaton
Vient traverser ta route
Gaffe ! Avant toi nul doute,
Laisse passer Gaston.
Fil2fer le 10/11/2012.
A toi la coupe pleine
Si, pour le loup qui traîne,
Tu sacrifies Naf-Naf.
D’un moineau d’appétit
Te veux picorer seule.
Si, par là, minet feule,
Jette lui donc Titi !
Si ton divin se perd,
A l’âme mécréante,
Envoie pour qu’ils la hantent
Les amis de Casper.
Bois ton vin de Médoc
Seul, sous la redingote !
Avant cela ligote
Le capitaine Haddock.
Et si un noir chaton
Vient traverser ta route
Gaffe ! Avant toi nul doute,
Laisse passer Gaston.
Fil2fer le 10/11/2012.
Egoïste (3).
La nature faisant sa loi,
Pour donner du bon sens aux choses,
Dota d’un envers, d’un endroit,
Le minuscule et le grandiose.
Quant au vivant, il fut pourvu
Et d’une queue et d’une tête
Pour nous dire où est son début
Et nous montrer quand il s’arrête.
Tout ce qu’on pourrait convoiter
De nos mains serait sans distance,
Ce qu’on ne devrait tripoter
Bien caché dans la transparence.
Pour nos cervelles de caillou,
Le brûlant marquait la limite
L’interdit mit plus lourd que nous
Et le secret courrait trop vite.
Comme la science est un péril
Qui rend la sottise bien tendre
Nature fit plus fin qu’un cil
Ce à quoi l’œil ne peut prétendre.
L’homme aurait du garder ma foi
Plaisant son joli paysage
Si suivant le mode d’emploi
Il en eut fait le bon usage.
Prudence avait fait de son mieux,
Pour nous préserver de la science
Jusqu’au jour ou pour un bon dieu
Sans voir on vit une existence.
Il était dit à cet instant,
Que l’invisible, étrange bête,
Si à notre œil est résistant
Piétine bien notre planète.
Donc l’homme en se grattant le chou
Placé là pour faire la tête
Décida de chercher des pouls
En tout endroit de la planète.
Il trouva ici, là, là-bas,
Des vies à n’en savoir que faire.
Et des cœurs qui font la nouba
Sous la loupe binoculaire.
L’homme ferait-il les yeux doux
A qui goûte son oxygène,
Quand déjà le petit caillou
Dans sa chaussure est une gène ?
Hélas, qui de nous pourrait nier
Que notre sagesse est un mythe
Quand l’homme cache en son grenier
Cent fois plus que veut sa marmite.
Car si le monde à quelques uns
Apparaît presque sans limite.
Pour tant d’autres, trop de voisins,
Rendent la terre trop petite.
Alors ! Qu’espérer de cet homme,
Qui au tout dernier des pommiers,
Volerait tout un seau de pommes
Pour les manger, seul, en entier ?
Quand déjà son petit moutard
(C’est tout le portrait de son père)
Arrache la queue du lézard
Et tout ça, pour ne rien en faire…
Fil2fer, le 01/12/2012.
La nature faisant sa loi,
Pour donner du bon sens aux choses,
Dota d’un envers, d’un endroit,
Le minuscule et le grandiose.
Quant au vivant, il fut pourvu
Et d’une queue et d’une tête
Pour nous dire où est son début
Et nous montrer quand il s’arrête.
Tout ce qu’on pourrait convoiter
De nos mains serait sans distance,
Ce qu’on ne devrait tripoter
Bien caché dans la transparence.
Pour nos cervelles de caillou,
Le brûlant marquait la limite
L’interdit mit plus lourd que nous
Et le secret courrait trop vite.
Comme la science est un péril
Qui rend la sottise bien tendre
Nature fit plus fin qu’un cil
Ce à quoi l’œil ne peut prétendre.
L’homme aurait du garder ma foi
Plaisant son joli paysage
Si suivant le mode d’emploi
Il en eut fait le bon usage.
Prudence avait fait de son mieux,
Pour nous préserver de la science
Jusqu’au jour ou pour un bon dieu
Sans voir on vit une existence.
Il était dit à cet instant,
Que l’invisible, étrange bête,
Si à notre œil est résistant
Piétine bien notre planète.
Donc l’homme en se grattant le chou
Placé là pour faire la tête
Décida de chercher des pouls
En tout endroit de la planète.
Il trouva ici, là, là-bas,
Des vies à n’en savoir que faire.
Et des cœurs qui font la nouba
Sous la loupe binoculaire.
L’homme ferait-il les yeux doux
A qui goûte son oxygène,
Quand déjà le petit caillou
Dans sa chaussure est une gène ?
Hélas, qui de nous pourrait nier
Que notre sagesse est un mythe
Quand l’homme cache en son grenier
Cent fois plus que veut sa marmite.
Car si le monde à quelques uns
Apparaît presque sans limite.
Pour tant d’autres, trop de voisins,
Rendent la terre trop petite.
Alors ! Qu’espérer de cet homme,
Qui au tout dernier des pommiers,
Volerait tout un seau de pommes
Pour les manger, seul, en entier ?
Quand déjà son petit moutard
(C’est tout le portrait de son père)
Arrache la queue du lézard
Et tout ça, pour ne rien en faire…
Fil2fer, le 01/12/2012.