rivière
Maître Poète
Nous courions main dans la main
Je te revois encore,
tu souriais à la rosée du matin
parmi les branches de réséda
qui se balançaient au vent du Loir,
ta chevelure d’obsidienne
couronnait tes épaules,
les coteaux de la prée connaissaient
le dizain de notre félicité
qui glissait, fugitive,
sur l’ourlet des saisons.
Nous courions main
dans la main toute la journée
dans les chemins et les boqueteaux,
les ténèbres nous enveloppaient parfois,
nos regards échangeaient
alors les prémices d’un émoi,
à chaque aurore, ton âme s’éveillait
à la quiétude des fleurs, à chaque instant,
les oiseaux reprenaient
les couplets que tu fredonnais
aux gréements des frondaisons,
tes prunelles luisaient
au gré des flaques de vie
et la sève de ta beauté écartait
les parcelles de solitude,
et tu étais si belle,
que
les animaux te faisaient allégeance,
j’ai connu avec toi
le lai de mon premier baiser
et le tumulte des jouissances
sur les rivages de la Renaissance,
nous vécûmes des décennies
de lumière et d’allégresse,
tu reposes aujourd'hui
sous la froideur de ce marbre.
Accepte
ce bouquet de myosotis et ces vers
que j’ai déposés
sur ton sépulcre.
Je te revois encore, tu souriais
à la rosée du matin
parmi les branches de réséda
qui se balançaient au vent du Loir.
Sophie 839
Je te revois encore,
tu souriais à la rosée du matin
parmi les branches de réséda
qui se balançaient au vent du Loir,
ta chevelure d’obsidienne
couronnait tes épaules,
les coteaux de la prée connaissaient
le dizain de notre félicité
qui glissait, fugitive,
sur l’ourlet des saisons.
Nous courions main
dans la main toute la journée
dans les chemins et les boqueteaux,
les ténèbres nous enveloppaient parfois,
nos regards échangeaient
alors les prémices d’un émoi,
à chaque aurore, ton âme s’éveillait
à la quiétude des fleurs, à chaque instant,
les oiseaux reprenaient
les couplets que tu fredonnais
aux gréements des frondaisons,
tes prunelles luisaient
au gré des flaques de vie
et la sève de ta beauté écartait
les parcelles de solitude,
et tu étais si belle,
que
les animaux te faisaient allégeance,
j’ai connu avec toi
le lai de mon premier baiser
et le tumulte des jouissances
sur les rivages de la Renaissance,
nous vécûmes des décennies
de lumière et d’allégresse,
tu reposes aujourd'hui
sous la froideur de ce marbre.
Accepte
ce bouquet de myosotis et ces vers
que j’ai déposés
sur ton sépulcre.
Je te revois encore, tu souriais
à la rosée du matin
parmi les branches de réséda
qui se balançaient au vent du Loir.
Sophie 839