Filiatus
Maître Poète
Le fameux "Génie des Carpates"
Le "Danube de la pensée"
N'était en fait qu'un psychopathe
Un ruisseau d'imbécilité
Nicolae Ceausescu
Naît au sud de la Roumanie
D'une famille à moitié loup
Et à moitié chauve-souris
Non, je plaisante, ami lecteur
Il ne descend pas de succubes
Mais de paisibles laboureurs
Qui vivent au bord du Danube
"Paisibles", il faut le dire vite
La victoire des bolchéviques
Et l'armistice de dix-huit
A rendu le père alcoolique
Alors Ceausescu junior
Quitte la ferme familiale
Et chez sa tante, sans remord
Il s'installe à la Capitale
Profondément anti-fasciste
[Pour tuer l'image du père ?]
Au roumain parti communiste
À quinze ans à peine, il adhère
À dix-neuf ans, il s'associe
Avec une belle roumaine
Une dame du temps jadis
Qui n'est pas Flora, mais Hélène
En trente-neuf, la guerre éclate
Son pays, allié aux nazis
Met notre "Coco des Carpates"
À l'ombre durant le conflit
Si bien que, quand les Soviétiques
Envahissent la Roumanie
Sorti de prison, c'est logique
Il devient cadre du parti
En mil neuf cent quarante-sept
On le nomme au gouvernement
Petit ministre, c'est un fait
Mais il n'a même pas trente ans
Ministre de l'Agriculture
Et puis ministre des Armées
Dans le parti, il se murmure
Que leader, on va le nommer
Six mois plus tard, c'est chose faite
Le Secrétaire général
Ayant cassé sa pipelette
Il monte sur le piédestal
En mil neuf cent soixante-sept
À cinquante ans [moins quelques mois]
Ceausescu devient, de fait
"Président du Conseil d'état"
Dès le début, sa mandature
Est plutôt jugée libérale
Une indolente dictature
Moins répressive qu'en Oural
Alors quelle mouche le pique
Quand après sept ans, on l'élit
Président de la République ?
Le pouvoir vire en tyrannie
Dans son régime autoritaire
Sa femme et ses enfants sont rois
Ce n'est jamais égalitaire
Un état de gauche et de droit
Se disent les contestataires
Qui ont trouvé asile aux States
Traqués comme des proies vulgaires
Par l'horrible "Securitate"
Mais en politique étrangère
La Roumanie joue double jeu
Tournant le dos à ses grands frères
En mil neuf cent quatre-vingt-deux
Avec l'Europe, elle fricote
Au grand dam de l'U.R.S.S.
Et n'adoptent pas leur boycott
Au J.O. de Los Angeles.
Pendant ce temps, son peuple souffre
Du sida, de malnutrition
Le pays est au bord du gouffre
Il double alors l'imposition
Des "Gueules noires" manifestent
Dans l'ouest, à Timisoara
Et des bourgeois, à Bucarest
Mais Ceausescu ne plie pas
Le fou donne l'ordre, au contraire
De tirer sur les séditieux
Puis, trois jours après cette affaire
Il échafaude un contre-feu
Il organise une manif
Avec ses propres partisans
Et se fait filmer sur le vif
Sous de chauds applaudissements
Quand tout-à-coup la foule siffle
Et montre un violent désaccord
C'est comme une paire de gifle
Que reçoit le "Conducator"
Devant la grogne populaire
Le Président et son Hélène
S'enfuient dans un hélicoptère
Vers une caserne prochaine
Mais l'hélico au bout d'une heure
Tombe en panne de carburant
Et doit se poser par malheur
Au milieu de manifestants
Trois jours plus tard, un tribunal
Condamne le couple infernal
Et chantant "L'Internationale"
Les époux tombent sous les balles.
Le "Danube de la pensée"
N'était en fait qu'un psychopathe
Un ruisseau d'imbécilité
Nicolae Ceausescu
Naît au sud de la Roumanie
D'une famille à moitié loup
Et à moitié chauve-souris
Non, je plaisante, ami lecteur
Il ne descend pas de succubes
Mais de paisibles laboureurs
Qui vivent au bord du Danube
"Paisibles", il faut le dire vite
La victoire des bolchéviques
Et l'armistice de dix-huit
A rendu le père alcoolique
Alors Ceausescu junior
Quitte la ferme familiale
Et chez sa tante, sans remord
Il s'installe à la Capitale
Profondément anti-fasciste
[Pour tuer l'image du père ?]
Au roumain parti communiste
À quinze ans à peine, il adhère
À dix-neuf ans, il s'associe
Avec une belle roumaine
Une dame du temps jadis
Qui n'est pas Flora, mais Hélène
En trente-neuf, la guerre éclate
Son pays, allié aux nazis
Met notre "Coco des Carpates"
À l'ombre durant le conflit
Si bien que, quand les Soviétiques
Envahissent la Roumanie
Sorti de prison, c'est logique
Il devient cadre du parti
En mil neuf cent quarante-sept
On le nomme au gouvernement
Petit ministre, c'est un fait
Mais il n'a même pas trente ans
Ministre de l'Agriculture
Et puis ministre des Armées
Dans le parti, il se murmure
Que leader, on va le nommer
Six mois plus tard, c'est chose faite
Le Secrétaire général
Ayant cassé sa pipelette
Il monte sur le piédestal
En mil neuf cent soixante-sept
À cinquante ans [moins quelques mois]
Ceausescu devient, de fait
"Président du Conseil d'état"
Dès le début, sa mandature
Est plutôt jugée libérale
Une indolente dictature
Moins répressive qu'en Oural
Alors quelle mouche le pique
Quand après sept ans, on l'élit
Président de la République ?
Le pouvoir vire en tyrannie
Dans son régime autoritaire
Sa femme et ses enfants sont rois
Ce n'est jamais égalitaire
Un état de gauche et de droit
Se disent les contestataires
Qui ont trouvé asile aux States
Traqués comme des proies vulgaires
Par l'horrible "Securitate"
Mais en politique étrangère
La Roumanie joue double jeu
Tournant le dos à ses grands frères
En mil neuf cent quatre-vingt-deux
Avec l'Europe, elle fricote
Au grand dam de l'U.R.S.S.
Et n'adoptent pas leur boycott
Au J.O. de Los Angeles.
Pendant ce temps, son peuple souffre
Du sida, de malnutrition
Le pays est au bord du gouffre
Il double alors l'imposition
Des "Gueules noires" manifestent
Dans l'ouest, à Timisoara
Et des bourgeois, à Bucarest
Mais Ceausescu ne plie pas
Le fou donne l'ordre, au contraire
De tirer sur les séditieux
Puis, trois jours après cette affaire
Il échafaude un contre-feu
Il organise une manif
Avec ses propres partisans
Et se fait filmer sur le vif
Sous de chauds applaudissements
Quand tout-à-coup la foule siffle
Et montre un violent désaccord
C'est comme une paire de gifle
Que reçoit le "Conducator"
Devant la grogne populaire
Le Président et son Hélène
S'enfuient dans un hélicoptère
Vers une caserne prochaine
Mais l'hélico au bout d'une heure
Tombe en panne de carburant
Et doit se poser par malheur
Au milieu de manifestants
Trois jours plus tard, un tribunal
Condamne le couple infernal
Et chantant "L'Internationale"
Les époux tombent sous les balles.