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Ni papa, ni maman, ni fais dodo, ni...

Laghzali

Nouveau poète
Ces cris… vous les entendez ?
Ininterrompus,...écoutez…
Sourds et stridents !
Des cris d’enfants !
Enfance vagissante volée,

Enfants gémissants violés

Enfance du monde criblée
De milliard blessures !

Et ceux-ci et ceux -là
Qu’ici et là on malmène
Qu’ici et là on dédaigne
Qu’ici et là on mutile !
Qu’ici et là on égorge !
Qu’ici et là on assassine !

Et ceux- ci qui marchent encore,
Qui tombent et qui se lèvent ou
Qui font semblant de se lever,
Délirant, se tortillant de faim,
Cherchant une bouchée de pain
Dans nos rues qui délirent.
Ceux là et ceux-ci qui vous regardent
Sans vous voir et que vous voyez
Sans les regarder à force de les voir !

Enfants des rues appelés
Comme si les rues pondaient !

Ni papa
Ni maman
Ni fais dodo
Ni chéri
Ni chouchou
Ni papi
Ni mamie
Ni tonton
Ni tata
Ni bisou
Ni coucou
Ni fais de bons rêves !

Ceux là ne savent s’ils sont nés
Pour mourir ou pour vivre !
Et mon dieu quel sourire !
Un sourire
Quand vous osez les regarder
Un sourire qui vous dérange
Un sourire qui vous déchire
Par lequel ils vous répondent
Que la vie, ils aiment tant
Mais qu’ils n’ont ses clefs
Alors ils la fuient
Alors ils se tuent

Chétifs, frissonnant
Comme un printemps effeuillé,
Comme un hiver assoiffé
Qui mendie sa pluie
Comme un soleil froid
En plein juillet

Vieillards aux dos voûtés
A leur printemps !

Avant vingt ans !
Avant quinze ans !
Avant treize ans !

Visages brûlés par l’alcool à brûler
Et ces trucs à sniffer,
Et ces trucs à bouffer
Et ces trucs à tuer !

Visages inertes ;
Les yeux las ;
Bouches édentés

Buvant du vent,
Buvant du feu,

Buvant la mort,
Toujours ouvertes !

Fleurs qu’on abime,
Qu’on froisse,
Qu’on piétine !
Poèmes inachevés
Hélas, dénaturés
Livres à écrire
Déjà déchirés !

Le regard blessé,
Mon cœur pleure.

Que c’est dur sans larmes !

Et je tremble, tremble de colère !
Et je crie, crie, crie, à éclater
Est-ce que vous m’entendez ?
Est-ce que vous criez ?
Vous aussi, vous criez ?
Crions ! Criez ! Crions !
N’arrêtons pas de crier …












 
Douleurs insolentes, douleurs insolites qui ne prennent pas la fuite, la colère mord et ne lâche plus sa proie, la voix crie que se son âme souffre et le corps se replie, se recroqueville papier froissé par l'indifférence des maux... Beau poème, merci de nous l'avoir fait partager !
 
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