b2oba
Nouveau poète
J’ouvris les yeux. Le vent frais s’engouffrant parmi les petites feuilles vertes me mordit le visage, d’une morsure douce et délicate. Mon regard se perdit dans le ciel rosé, parsemé de nuages immaculés. Un de ces nuages était en forme de X et mon imagination vola alors très haut pour chercher à comprendre sa signification et le pourquoi de sa présence au dessus de ma tête. Cela pouvait être deux épées se percutant ; signe d’une dispute ? Ou alors les os du célèbre crâne trônant au sommet des bateaux de pirates ; signe de ma mort ? De la mort de quelqu’un que je connais ? Sans doute la mort de quelqu’un de proche sinon le nuage ne serait sans doute pas venue me le prédire. Mon cerveau était en ébullition, le vent caressa mes cheveux et je me sentie revivre. Les oiseaux de métal déchirant le firmament d’une beauté qui m’était encore inconnue. Le couple marchant a travers ce fabuleux jardin me faisait rire, ils étaient crispés lors de leur sport quotidien et paraissait tout de même anxieux. Mais mes pensées se dirigèrent vite vers d’autres choses, le regard toujours accroché au bleu du ciel, je me demandais a quoi rimait la vie, sans aucune onde négative mais avec la curiosité d’un enfant. Puis je fermai les yeux, ne pensant plus à rien, bercé par la douce mélodie de ma musique, le vent caressant mon corps, le bonheur de ces rares moments entourant mon âme. Le cœur libre comme l’air je souris sans raison, appréciant ce moment où je ne contrôlais ni mes pensées ni mes actes. La nature venait de me donner ses plus belles ressources et je lui rendrais hommage un jour. M’étant aperçue de l’heure, je me relevai et me mis en selle sur mon vélo, les cheveux flottant dans les airs, mon visage fendant les brises devenue bourrasques. Je sentais mon cœur battre avec force. Mon cœur battait ! Il battait enfin ! J’étais consciente que mon bonheur ne durerait pas, que je redescendrais sur terre dans un temps donné. Mais rien que la pensée de me retrouver dans cet état une nouvelle fois me redonna espoir, me fis respirer et aller de l’avant. Je savais que la disparition de la douleur n’étais qu’illusoire, n’étais que le fruit de mon imagination et que tôt ou tard je retrouverais mes problèmes et je devrais affronter la vérité en face. Mais je n’y pensai pas, tout était trop beau. Qui sait si ce jour la le ciel n’étais pas gris, les feuilles mortes et l’herbe desséchée ? Qui sait s’il ne faisait pas froid, si les gens ne souffraient pas autour de moi ? A ce moment là toutes ces choses me passaient au dessus de la tête, elles ne me traversaient même pas l’esprit, alors qu’en temps normal elles étaient omniprésentes. La plupart des gens ne peuvent pas comprendre la joie qui m’entourait et me faisait flotter dans les airs. Je ne leur souhaite pas de faire les mêmes erreurs que moi. Mais je supplie le ciel de leur donner la chance de connaitre cette sensation si rare.