• Visiteur, merci de ne pas poster plus de 5 poèmes par jour. Ceci dans le but d'améliorer la visibilité du site.

MON PREMIER POEME

LLUMIERELIVE

Moderator
Membre du personnel
MON PREMIER POEME
hors concours

Ce fut chez ma tante Camille que j’écrivis mon tout premier poème…Nous avions l’habitude de lui souhaiter nos vœux en ces dimanches d’Epiphanie…Elle habitait rue de Passy, dans un immeuble cossu et façonné de sculptures. Ma mère se hâtait afin de lui prêter main forte pour le repas alors que mon père et moi prenions tout notre temps. Il s’arrêtait à la pâtisserie afin d’acheter une galette fourrée de frangipane…Je me souviens cette année là d’avoir joué l’équilibriste sur le rebord des trottoirs, d’avoir sauté à pieds joints dans les flaques d’eau, sans aucune réprimande !
Nous passions sous un porche dallé de pavés brillants et arrivions dans un jardin privatif avant de monter au premier étage…Un coin de paradis en plein Paris.

Ma tante était la sœur de ma grand-mère paternelle.Une petite femme, toujours de noir vêtue, robe simple mais élégante, boutonnée jusqu’au bout du cou, avec des manches resserrées aux poignets…Un beau visage aux yeux devenus d’un gris étrangement voilé…elle devenait aveugle…Sa blanche chevelure était relevée en chignon, mais des boucles rebelles s’en échappaient et lui donnait l’aspect d’infinie douceur.

Le repas me semblait long…Je m’efforçais de ne pas trop balancer mes jambes sous la table.Ces discutions de « grandes personnes » m’endormaient quelque peu…Ils parlaient d’untel ou d’unetelle dont je ne connaissais l’existence…Je redressais cependant l’oreille quand tata Camille nous donnait des nouvelles de son fils, le cousin de mon père.
Il était journaliste en politique extérieure, on le voyait fréquemment à la télévision, il voyageait beaucoup notamment en Amérique, en Chine…J’étais très fière de lui malgré ne l’avoir vu que sur le petit écran.

Et je ne l’ai rencontré qu’une seule et unique fois… au chevet de ma tante à l’hôpital où elle devait s’éteindre les jours suivants…
Nous sommes repartis ensemble. Ce fabuleux cousin m’impressionnait et m’intimidait au plus haut point ! Lui et mon père marchaient devant nous…Moi j’accélérais le pas, devançant ma mère afin de les écouter …Il terminait ou entrecoupait chacune de ses phrases par des « c’est formidable » …



Puis, à son habitude, le repas terminé, ma tante repoussait son assiette et s’écriait d’un air ravi et satisfait « Encore un que les boches n’auront pas !».

Et la conversation s’engageait sur la politique intérieure, sur Michel Debré qu’elle ne pouvait supporter…

Ayant avisé un petit écritoire dans l’angle de la pièce, je demandais la permission de m’y installer. « Tu veux dessiner? »
« Non, je vais écrire ! »

Et à partir de cet instant, je n’entendis plus aucune de leurs paroles. Le nez collé à la fenêtre mon regard plongeait dans ce petit jardin et l’inspiration me vint…

Malgré les aléas de la vie j’ai toujours conservé mes écrits…Même les tout premiers ! Bien plus facile à transporter qu’un carton de dessin format raisin ou demi raisin !

Je vous le transmets, sans changer l’orthographe douteuse et les rimes imparfaites…Je venais d’avoir 7 ans…




Paris

Ô Paris toi qui était si petit
Au temps de Saint Louis
Maintenant tu es vaste, la seine
Passe dans ta ville et tu es reine, oui reine
De la France, du monde entier,
Plus jolis que n’importe autre ville
Et ma joie de te revoir, ô Paris toi si envier
Toi qui est grands
Riche en monuments.

Paris je ne peut croire que tu était petit
Jadis du temps des Grands Louis.
Mais mon Paris vaste s’est agrandi.
Hélas ou sont le temps des diligences
Que parcourait la France, voyageurs
Heureux de leur sort
Et avec percévérences
Quand chevaux épuiser la poussait cette diligence

Ô Paris pour un trésor je ne te quitterai
Jamais pourrais je vivre ailleurs jamais
Ô Paris toi devenu vieux mais heureux
Que mille et mille étrangers vient te visiter.

 
Tu écrivais sur la Seine, moi c'était "on s'aime" et sur ce thème
des mots, des phrasés retrouvés mais pas cet ensemble d'un seul
qu'après ta prose explicite tu as édité. Sans doute l'avais-tu gardé
ces mots là sont le prémisses d'run talent certain qui se cherchait encore...
Bises amicales
 
prometteur ce mignon début... promesse que tu as confirmée depuis...
bises
 
Ah Paris, ce n'est plus Lutèce et il n'en finit pas de s'étendre puisqu'on parle maintenant du " Grand Paris " . Bravo pour ce poème écrit si jeune. Amitié.
 
Sous le pont mirabeau coule la seine ... et ton poème. Un texte qui préfigurait déjà de grandes qualités et facilités d'écriture.bravo. Bises.
 
Comme ton talent en herbe n'a fait que grandir ! Le joyau littéraire ne demandait qu'à être poli....bravo ! pour ce merveilleux récit actuel et pour ce poème venu du cœur....bisous....Lys
 
Superbe..tout... ! le rappel et le charmant poème....

Passionnant écrit, livré par une très belle plume de coeur....

Quel beau plaisir de te retrouver ainsi !

bisoux !
Bon Dimanche !
 
Quelle magnifique histoire que tes souvenirs d'enfance... Et ce poème pour une enfant de 7 ans est déjà prémisse de ton talent ! Quelle agréable lecture.
Bisous Murielle.
 
Retour
Haut