yaxa
Nouveau poète
Noirmoutier...Étant enfant, sur cette île-presque, j'ai passé quelques semaines de vacances. La petite maison avait un jardin tout de sable. Et au delà, un bosquet puis la mer. En vrai un océan mais je ne pouvais imaginer plus grand. La mer était déjà une chose infinie. Il y vivait une multitude d'animaux et nous allions à leur rencontre à marée basse. Début septembre, l'équinoxe dévoilait le territoire de Neptune aux hommes. Et l'enfant de l'homme pouvait alors aller à la découverte des créatures du dieu de la mer. On pouvait passer des heures autour d'un trou d'eau. Jouant à cache-cache avec un petit crabe ou des crevettes. À marée montante, avec quelques pincées de sel on attirait les couteaux hors de leurs trous pour les saisir vivement et les extraire du sable. Aussitôt rentré, ma tata les cuisinait à l'ail et au persil. Accompagné de petites patates que j'avais découvert dans ce jardin pas si aride que ça. D'autres fois je bâtissais avec mon papa un château de sable immense et invincible. Ou bien j'accompagnais ma maman dans les prés salés pour prendre des photos avec son vieux rolleyflex. Celui sur lequel on se penche avec humilité pour saisir l'instant. Un instant doux et pur de cette île fixé à jamais par les sels d'argents. Fixé à jamais dans ma mémoire d'enfant. Cette île-presque était en fait un paradis sur terre...