• Visiteur, merci de ne pas poster plus de 5 poèmes par jour. Ceci dans le but d'améliorer la visibilité du site.

Mon berger

Eléâzar

Maître Poète
Quand ils arriveront jusqu’à un million
Sans crainte du tigre, du serpent, du lion,
Je les prendrai dans mon chez moi ;
Ils auront dit adieu au désert, à la plaine,
Au mont vertigineux qui craint la mer d’eau pleine
Pour s’abriter là sous mon toit.

Je sècherai les pleurs de chacun de leurs yeux
Qu’ils ont tant versés sur le sol de leurs aïeux,
Sur leurs coutumes et leurs lois,
Dans le lait de l’ânesse ou le vin de la vigne
Qu’ils buvaient d’un seul trait dans un grand geste digne
Car bien que gueux, ils étaient rois.

J’entends déjà gloser : « Et que fais-tu des autres ?
Voudras-tu rappeler aussi les douze apôtres ? »
Et je leur dis, de bon aloi :
« Le pèlerin qui vient aura tout mon verger
Où les fruits sont gardés par mon humble berger
Qui a toujours su son emploi. »

« Un berger surveillant des pommiers dans un champ
Alors qu’est à l’affût un animal méchant,
Le loup qui hurle au crépuscule ? »
- Mais, mon berger n’a pas de moutons en troupeau,
Ni chèvres, ni brebis, ni vrai ni faux appeau :
Il n’a qu’un pipeau minuscule. »
 
Retour
Haut