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MON ADO

lapoeteamateur

Nouveau poète
Midi, toujours pas levé, imperméable au bruit de l'aspirateur,
Comme enfermé dans une bulle de coton, le corps étendu
Dans ce grand lit presque trop petit, épuisé par ces longues heures
De nuit blanche à discuter avec ses "gens", ses amis inconnus.
J'entre dans la chambre où trônent quelques débris alimentaires
Parmi du linge propre et sale, peu importe pour l'armoire qui ne fait plus sa fière,
Il est nécessaire de tout laisser à même le sol comme une marque de fabrique,
Comme le marquage d'un territoire interdit aux parents, aux règles ménagères.
Ce corps tordu dans les draps est immobile et je me fais plaisir
A le secouer, ce qui génère un grognement animal et un geste de rejet,
Et partagée entre la colère et l'amusement de rompre le cycle du coucher,
J'insiste et arrache à mon ado un "tu me saoûles, laisse moi dormir".
Face à ma détermination, il ouvre un premier oeil, bouffi de sommeil,
Tourne péniblement, comme au ralenti, la tête vers le réveil,
Et découvre avec stuppeur qu'il est près de treize heures, trop tôt,
"Bordel, pourquoi elle me réveille ? Pas eu le temps de faire dodo".
Une grimace sur les lèvres, une main qui passe dans les cheveux ébouriffés,
Il affiche une mine dépitée où se mêlent le découragement et le mépris,
Il extirpe difficilement son corps des draps enroulés, manque de glisser sur le tapis,
Ce qui génère un gloussement chez moi qu'il assassine d'un regard meurtrier.
Au mieux, je récupère un "j'ai faim" pendant qu'il se dirige à la cuisine pour manger
Et qu'il s'assoit sur la chaise à grand coup de "pffffff" et de "j'en ai marre".
Je reste là, les bras ballants, m'interrogeant sur le désordre, tout ce bazar
Et me demandant comment je vais le motiver pour qu'il accepte de ranger.
J'entends son téléphone mobile sonner et ne sais pas où il est parti se cacher
Et, inespéré, ce grand corps est capable de courir, je le vois se précipiter
Sous le lit pour attraper son outil de communication préféré sans me regarder,
Je l'entends "Ouais ... ça me saoûle ... Je kiffe ... Genre ... j'avoue ... J'y serai".
Il repart, ragaillardi, retrouvant son port altier, bombant un torse pas encore velu,
Passant dédaigneusement à côté de moi pour allumer l'ordinateur qu'on ne voyait plus,
Il se connecte rageusement, scrute son écran avec un sourire enfantin
A la recherche du message prometteur qui va lui faire du bien.
L'adolesence, la rébellion face aux règles de vie en communauté,
Passerelle entre les jeux de petites voitures et les premiers baisers.
 
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