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Nouveau poète
Mes verts pâturages.
Qu’ai-je fait pour mériter tant de barbarie, pour qu’ainsi on me saigne tel un vulgaire morceau de viande sur l’étal du boucher.
Un jour une nuit passés dans le noir, à subir des mauvais traitements pour développer en moi la colère et maintenant sous le soleil cuisant de l'arène, le dos ensanglanté.
Dans cette tradition folklorique, qui est l’animal ? Moi, qui gambadais dans les prés avec pour seul souci des femelles à satisfaire ? Ou ces majorettes armées dans leurs costumes illuminés, qui, avec joie, s'affairent à me torturer... ?
Que me réservent encore mes tortionnaires ?... N'en n’ ont-ils pas assez de l’odeur de mon sang et des cris véhéments de la foule qui prend plaisir à me regarder mourir lentement ?
Mais je suis las de me battre contre des courants d'air. Le sang me manque, mon souffle court assèche ma langue et, face à moi, ce long couteau qui fanfaronne sous les « olé ! » et veut encore me faire danser contre mon gré.
Si je pouvais retrouver de la vigueur, je le ferai jongler sur mes cornes, mais je suis éreinté, ma vue se trouble, je sais maintenant que je ne reverrai jamais mes tendres dulcinées et mes verts pâturages. Alors, qu’on en finisse…
J’entrevois, emballée de lumière, la lame tranchante. Sur la pointe des pieds, il vient à ma rencontre. Le soleil s’éteint, les cris de cruauté disparaissent, ma souffrance prend fin. Adieu, monde sauvage et inhumain,.
Demain, vous parlerez de corrida, mais quand dans le sable de l’arène mon sang disparaîtra, qui se souviendra de moi ?
Armand Voss
Qu’ai-je fait pour mériter tant de barbarie, pour qu’ainsi on me saigne tel un vulgaire morceau de viande sur l’étal du boucher.
Un jour une nuit passés dans le noir, à subir des mauvais traitements pour développer en moi la colère et maintenant sous le soleil cuisant de l'arène, le dos ensanglanté.
Dans cette tradition folklorique, qui est l’animal ? Moi, qui gambadais dans les prés avec pour seul souci des femelles à satisfaire ? Ou ces majorettes armées dans leurs costumes illuminés, qui, avec joie, s'affairent à me torturer... ?
Que me réservent encore mes tortionnaires ?... N'en n’ ont-ils pas assez de l’odeur de mon sang et des cris véhéments de la foule qui prend plaisir à me regarder mourir lentement ?
Mais je suis las de me battre contre des courants d'air. Le sang me manque, mon souffle court assèche ma langue et, face à moi, ce long couteau qui fanfaronne sous les « olé ! » et veut encore me faire danser contre mon gré.
Si je pouvais retrouver de la vigueur, je le ferai jongler sur mes cornes, mais je suis éreinté, ma vue se trouble, je sais maintenant que je ne reverrai jamais mes tendres dulcinées et mes verts pâturages. Alors, qu’on en finisse…
J’entrevois, emballée de lumière, la lame tranchante. Sur la pointe des pieds, il vient à ma rencontre. Le soleil s’éteint, les cris de cruauté disparaissent, ma souffrance prend fin. Adieu, monde sauvage et inhumain,.
Demain, vous parlerez de corrida, mais quand dans le sable de l’arène mon sang disparaîtra, qui se souviendra de moi ?
Armand Voss