Filiatus
Maître Poète
Marguerite Gertrude Zelle
Qu'on surnommait "Mata Hari"
Était une femme très belle
Qui a hélas très mal fini
Je vais vous compter son histoire
Au présent de l'indicatif
Pour tenter de vous faire accroire
Un mensonge rétroactif
Celle-ci naît à Leeuwarden
En Hollande, en plein dans la Frise
Fille d'Antje van der Meulen
Et d'Adam, qui vend des chemises
On est au milieu de l'été
De mil huit cent soixante-seize
Et malgré leur humble métier
Les Zelle peuvent vivre à l'aise
Treize ans plus tard, c'est la faillite
Adam doit remonter la pente
Il envoie sa pauvre "M'greet"
Loger chez une de ses tantes
Là-bas, l'adolescente rêve
Et, hors ses rêves, elle lit
En "math", elle est mauvaise élève
Mais excellente en poésie
Puis elle fait la connaissance
D'un jeune et fringant officier
Qui, comme dans une romance
L'épouse et lui fait deux bébés
Son capitaine de mari
Vient d'être muté à Java
Mais sur l'île, M'greet s'ennuie
Elle plaque tout et s'en va
S'inventant un passé hindou
Toute habillée à l'orientale
Le ventre vide et sans le sou
Lors, à Paris elle s'installe
Elle débute une carrière
De danseuse au musée Guimet
Et tout de suite elle conquiert
Les Parisiens, puis les Français
La surnommant "Mata Hari"
Les chroniqueurs ravis l'encensent
Et brament des nigauderies
Quant à ses brahmaniques danses
Un jour la voilà amoureuse
D'un jeune hussard allemand
Dont elle agrippe la vareuse
Jusqu'à Berlin, pendant cinq ans
Quand elle revient à Paname
La belle danseuse a trente ans
Mais plus de Java, plus de brahme
La mode n'est plus à l'Orient
Sans argent, elle désespère
Elle rentre dans son pays
Mais bientôt éclate la guerre
Qui va bouleverser sa vie
À la mi-mai mil neuf cent-seize
Kramer, le consul d'Allemagne
Propose à la belle Hollandaise
De nouveau la vie de cocagne
En échange Mata Hari
Doit espionner l'armée française
Lors, dans un palace à Paris
Elle s'installe et prend ses aises
Désirant un laissez-passer
Pour visiter un ami cher
Très loin de la zone occupée
Tout près d'un terrain militaire
L'administration le lui donne
Mais secrètement la contrôle
En mentionnant : "C'est une espionne"
Tout en la laissant jouer son rôle
Fort de quelques secrets d'alcôve
De polichinelle, plutôt
L'ancienne danseuse se sauve
En Espagne et prend le bateau
Sur le chemin de l'Allemagne
Anglais et Français l'interceptent
Et sous la menace du bagne
De leur cause en font une adepte
Les Allemands ne sont pas dupes
Et jouent même le double jeu
Ce qui quelque part préoccupe
Les espions français suspicieux
Car, par décodage on annonce
Qu'elle poursuit son noir labeur
"La Mata Hari ne renonce
Jamais !", soupire un inspecteur
À l'hiver mil neuf cent dix-sept
Mata Hari est arrêtée
Et au tribunal, la pauvrette
À la mort se voit condamnée
Mata Hari meurt fusillée
En octobre, cette année-là
Pour une cause qui n'avait
"Pas de quoi fouetter un chat"
Qu'on surnommait "Mata Hari"
Était une femme très belle
Qui a hélas très mal fini
Je vais vous compter son histoire
Au présent de l'indicatif
Pour tenter de vous faire accroire
Un mensonge rétroactif
Celle-ci naît à Leeuwarden
En Hollande, en plein dans la Frise
Fille d'Antje van der Meulen
Et d'Adam, qui vend des chemises
On est au milieu de l'été
De mil huit cent soixante-seize
Et malgré leur humble métier
Les Zelle peuvent vivre à l'aise
Treize ans plus tard, c'est la faillite
Adam doit remonter la pente
Il envoie sa pauvre "M'greet"
Loger chez une de ses tantes
Là-bas, l'adolescente rêve
Et, hors ses rêves, elle lit
En "math", elle est mauvaise élève
Mais excellente en poésie
Puis elle fait la connaissance
D'un jeune et fringant officier
Qui, comme dans une romance
L'épouse et lui fait deux bébés
Son capitaine de mari
Vient d'être muté à Java
Mais sur l'île, M'greet s'ennuie
Elle plaque tout et s'en va
S'inventant un passé hindou
Toute habillée à l'orientale
Le ventre vide et sans le sou
Lors, à Paris elle s'installe
Elle débute une carrière
De danseuse au musée Guimet
Et tout de suite elle conquiert
Les Parisiens, puis les Français
La surnommant "Mata Hari"
Les chroniqueurs ravis l'encensent
Et brament des nigauderies
Quant à ses brahmaniques danses
Un jour la voilà amoureuse
D'un jeune hussard allemand
Dont elle agrippe la vareuse
Jusqu'à Berlin, pendant cinq ans
Quand elle revient à Paname
La belle danseuse a trente ans
Mais plus de Java, plus de brahme
La mode n'est plus à l'Orient
Sans argent, elle désespère
Elle rentre dans son pays
Mais bientôt éclate la guerre
Qui va bouleverser sa vie
À la mi-mai mil neuf cent-seize
Kramer, le consul d'Allemagne
Propose à la belle Hollandaise
De nouveau la vie de cocagne
En échange Mata Hari
Doit espionner l'armée française
Lors, dans un palace à Paris
Elle s'installe et prend ses aises
Désirant un laissez-passer
Pour visiter un ami cher
Très loin de la zone occupée
Tout près d'un terrain militaire
L'administration le lui donne
Mais secrètement la contrôle
En mentionnant : "C'est une espionne"
Tout en la laissant jouer son rôle
Fort de quelques secrets d'alcôve
De polichinelle, plutôt
L'ancienne danseuse se sauve
En Espagne et prend le bateau
Sur le chemin de l'Allemagne
Anglais et Français l'interceptent
Et sous la menace du bagne
De leur cause en font une adepte
Les Allemands ne sont pas dupes
Et jouent même le double jeu
Ce qui quelque part préoccupe
Les espions français suspicieux
Car, par décodage on annonce
Qu'elle poursuit son noir labeur
"La Mata Hari ne renonce
Jamais !", soupire un inspecteur
À l'hiver mil neuf cent dix-sept
Mata Hari est arrêtée
Et au tribunal, la pauvrette
À la mort se voit condamnée
Mata Hari meurt fusillée
En octobre, cette année-là
Pour une cause qui n'avait
"Pas de quoi fouetter un chat"