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MARIE ANTOINETTE

LLUMIERELIVE

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MARIE ANTOINETTE
En votre souvenir
hors concours



A quatorze ans j’ai été déracinée,
Vendue au Royaume de France.
De mon avis nul ne s’est inquiété,
En raisons d’Etats, en raisons d’Alliances.
J’ai du délaisser ma langue maternelle,
Subir l’étiquette et le protocole
En l’union d’un sacre rationnel
Au nom de royale auréole.
Chacun vaquait à son entendement,
Lui de chasses et de serrures,
Bals pour mon contentement,
Toilettes, coiffures et parures.

……………..

Et l’on est venu nous chercher
A ma plus grande surprise,
En cette prison du Temple enfermés,
J’ai cru qu’il y avait méprise…
L’on m’a jugée dépensière et frivole,
Accusée d’absence d’empathie.
J’ai bien cru devenir folle
En cette promiscuité, loin des Tuileries.
Peu après l’exécution de Louis
J’ai été séparée de mes enfants,
L’on m’a conduite à la Conciergerie
Et là…la mort j’attends.

……………..

Cette nuit je n’ai pu dormir,
Mon Dieu ayez pitié de moi
Aujourd’hui je vais mourir,
Je le pressens, je le perçois.
Mes yeux n’ont plus de larmes pour pleurer.
L’on m’a fait revêtir une longue chemise,
Oter ma coiffe et mes cheveux couper.
Seigneur ! Combien ils me méprisent…
Ils m’ont entravé les mains.
Je suis montée dans la charrette,
Ma conscience ne me reproche rien,
Je suis calme et reste muette.

………………..


J’ai peur, l’épouvante et la frayeur m’étreignent,
Mon cœur se serre, se contorsionne d’effroi.
Dieu, il faut que je me reprenne !
Montrer au peuple dignité et non émoi.
Et cette foule aux clameurs de haine,
Ces sarcasmes, ces insultes
Aux cris « l’autrichienne la chienne »,
Ces injures qui de leurs corps exultent.
Penser à autre chose…Au Petit Trianon,
A cette gentille ferme, « Le Hameau de la Reine »,
Oui, je vais visiter les moutons,
Caresser leur blanche laine.

…………………

Je l’aperçois….Dressée sur une estrade
En cette place Louis XV devenue celle de la Révolution. *
Cette meurtrière guillotine d’où l’on ne s’évade
Me procure un macabre et froid frisson.
Je n’entends plus le peuple haranguer.
Monter lentement les marches de l’échafaud.
Je refuse les secours d’un citoyen abbé.
Je me dois d’ignorer le bourreau.
Mes jambes flagellent, je trébuche sur ses pieds
Veuillez me pardonner Monsieur
L’on m’attache sur une planche, je vais basculer.
En la vie je dois faire mes adieux.

………………….

La lunette de bois se referme…recouverte de sang séché.
Tendre Marie Sophie et Louis Joseph, mes enfants rois,*
Vous êtes morts et n’aurez rien à affronter.
Marie Thérèse et toi Louis de droit*
Allez-vous connaître paix en cette France déchirée ?
Fermer les yeux…Revenir au « Hameau de la Reine »,
Un agnelet vient de naître m’a-t-on conté.
Je suis allée le voir et sous les troènes
Parmi le parfum du foin et des fleurs
Je l'installe en confort sur mes genoux
J’entends frémir son petit cœur,
Comme son pelage est d…………..



·​
· *Actuellement place de la Concorde
· * Marie Sophie décédée à 11 mois
· *Louis Joseph décédé avant ses 8 ans
· *Marie Thérèse libérée le jour de ses 17 ans, a regagné Vienne puis exilée…elle n’a jamais eu d’enfant
 
Du grand art. On connaît l'histoire mais assez froidement
Là on retrouve la Reine mais surtout la femme, la mère
la courageuse face à une horde d'abrutis !
Bravo Madame
Bises amicales
 
Un magnifique poème qui aurait toute sa place dans les manuels scolaires....un chef d oeuvre.....
Gros bisous
Mary
 
Entièrement en accord avec Coquelicot, que dire de mieux, médaille de Diamant cette fois-ci pour notre chère Mumu....Un instant, j'ai vécu un moment terrible de l'histoire de France...L'assassinat d'un roi et d'une reine...Personne n'est à l'abri...
Bisous...Lys
 
Une fouille historique , merci pour ton extraordinaire travail et ce retour dans l'histoire "tranchante" de Marie-Antoinette ......Gros bisous Pat
 
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