• Visiteur, merci de ne pas poster plus de 5 poèmes par jour. Ceci dans le but d'améliorer la visibilité du site.

Maria Callas revisitée (1923-1977)

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion Filiatus
  • Date de début Date de début

Filiatus

Maître Poète
Autrefois, quand j'étais enfant
Je n'appréciais pas l'art lyrique
D'ailleurs j'étais récalcitrant
À toute musique classique

C'est vrai Hendrix me séduisait
[Le grand Jimmy, pas Barbara]
Mais quand j'entendis "Yesterday"
Égrené par une diva

La chanson de Paul McCartney
Dans mon âme me fit tout drôle
C'est comme un rossignol anglais
Qui se posait sur mon épaule

La diva, c'est Maria Callas
Née aux U.S. de parents grecs
D'un père as de la contrebasse
Et un crack à la flûte à bec

Sa mère est pianiste virtuose
Qui donne des cours aux enfants
Elle découvre entre autres choses
Que sa fille est douée pour le chant

À treize ans ses parents se quittent
Et désertent Manhattan-Park
Pour la péninsule hellénique
Lors, avec sa mère, elle embarque

À peine arrivés à Athènes
Madame Callas se bagarre
Pour inscrire son phénomène
Au célèbre Conservatoire

Maria passe de contralto
Au soprano dit "dramatique"
Puis s'initie au bel canto
Et peu à peu lit la musique

À seize ans elle joue déjà
Dominant d'une voix puissante
Son premier rôle d'opéra
Avec des amies étudiantes

Bientôt l'Opéra Grec l'enrôle
Dans une opérette à succès
Pour y tenir un petit rôle
Dans "Boccaccio" de von Suppé

De rôle obscur à légendaire
D'anonyme à consécration
Maria séduit pendant la guerre
Et perce à la Libération

Rompant les ponts avec sa mère
Elle retourne en Amérique
Après deux années de galère
Pour ne pas dire chaotique

Elle quitte le nouveau monde
Pour s'installer en Italie
Là, elle incarne "La Joconde"
Un opéra de Ponchielli

Et comme l'on est à Vérone
Chère à Juliette et Roméo
L'amour s'invite en la personne
De son nouvel imprésario

Excellant dans les trois registres
Les graves, aigus et médiums
La diva, un disque, enregistre
Et comme on dit "sort un album"

Elle débute, à vingt-sept ans
Dans la très célèbre Scala
De Milan, en remplacement
De sa rivale Renata

Maria interprète Verdi
Jouant "Aïda" ou "Hélène"
La jeune duchesse meurtrie
Des rouges "Vêpres siciliennes"

Puis, à Florence, La Callas
Interprète "La Traviata"
"La Norma", "Médée" et j'en passe
Telle "Armida" et "La Tosca"

Elle repart en Amérique
Chanter "Madame Butterfly"
Après un succès historique
Lasse, elle retourne au bercail

Sa carrière est à son zénith
À Berlin, Paris ou Bruxelles
Les maestros la sollicitent
Les mélomanes la harcèlent

À la fin des années soixante
Dans un voyage sur un yacht
Elle vit des amours galantes
Avec Onassis Aristote

Voulant épouser son amant
Elle divorce, et lui aussi
Mais malgré son attachement
Le nabab point ne se marie

Maria en est très affectée
Et quand elle reprend le rôle
De "Carmen" de Georges Bizet
Sa voix échappe à son contrôle

Maria qui a la quarantaine
Sent son avenir compromis
Alors, remontant sur la scène
Filmée par un de ses amis

Elle y chante avec tant de verve
Que les larmes montent aux yeux
Aux admirateurs qui l'observent
Prenant cette ode pour adieux

Aristote a pris ses distances
Il a fui aux États-Unis
Pour y roucouler sa romance
Avec la veuve Kennedy

Après ses ennuis en cascade
Maria prend des barbituriques
Tombe très gravement malade
Et passe deux mois en clinique

Elle peut sourire à nouveau
Lorsqu'elle retrouve l'amour
De Giuseppe di Stefano
Un vieux ténor sur le retour

Tous les deux partent en tournée
Main dans la main, joue contre joue
Les critiques sont sans pitié
Mais les fans sont au rendez-vous

Fatiguée par ce tour du monde
Elle vit recluse à Paris
Où sage comme une Joconde
Elle meurt sans faire de bruit
 
J'aime bien le vers : "Elle meurt sans faire de bruit"... paradoxal pour une diva...
Bravo pour votre travail de recherche... et l'enlacement des rimes...
Merci pour tous ces portraits... Vous excellez en les traçant !
 
Dernière édition:
Retour
Haut