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Manqué au pruneau (thème le suicide sujet délicat)

THEOREM1

Nouveau poète
Manqué au pruneau

Il m'arrive de regarder
Mon image sous toutes les coutures
Et ça m(e) donne envie d'en découdre
Avec moi-même d'autant qu'on dit
Que je manque de cervelle ou bien
Que je ne suis qu'un écervelé.
Ce qui revient pratiquement au même !
A bien retourner de profil,
De face, de large, de travers.
Cette question indélicate
La détente me démange
Celle reliée au canon posé
Sur l'une d(e) mes tempes déjà grisée.
Prêt à percer cette matière dégrisée
Je me bourrerais bien le mou
Au neuf millimètre pour régler tout :
Faire une trouée pour éclaircir
Mes idées les plus ténébreuses
Ou, me plomber au gros calibre.
Bien que je risqu(e) de marcher sur la tête
Faute de lester assez mes chaussettes
Et si le pruneau passe de part en part
Sans même me laisser de trous de mémoire.
Cela tendrait sûrement à prouver
Que je ne suis qu'une tête sans cervelle
Ou qu'elle s'est envolée, cervelle-moineau,
Donnant là raison à mes détracteurs.
Si le pruneau s'y niche pour de bon
Cela y rajoutera une dose de plomb
Au pire un p(e)tit noyau de poids chiche
Un implant pour mieux réfléchir ?
Je risque la définitive détente
Avec un corps tout à fait raide
Celui d'un drôle de pistolet
Qui à trois plombes du matin, à jeun,
Se sera envoyé un petit pruneau.
Quel gâchis ! En n’ingurgitant
Ce fruit en liqueur, tout en douceur,
Avec ses délicieuses effluves sucrées
Mon cerveau aurait tant mijoté, comme
Un lapin aux pruneaux se réduisant
Tellement qu'il aurait pris la clé des champs.
Et tout chasseur vous le dira, même
Un écervelé, qu'un gibier absent
Ne peut-être plombé c'est évident !
Question réglée sans effusion de sang,
Avec une cervelle aux abonnés absents.

Texte déposé
 
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