Manqué au pruneau
Il m'arrive de regarder mon image sous toutes les coutures et ça me donne envie d'en découdre avec moi-même d'autant qu'on dit que je manque de cervelle ou bien que je ne suis qu'un écervelé. Ce qui revient pratiquement au même !
A bien retourner de profil,
De face, de large, de travers.
Cette question indélicate
La détente me démange
Celle reliée au canon posé
Sur l'une de mes tempes déjà grisée,
Prêt à percer cette matière dégrisée.
Je me bourrerais bien le mou
Au neuf millimètre pour régler tout :
Faire une trouée pour éclaircir
Mes idées les plus ténébreuses
Ou, me plomber au gros calibre.
Bien que je risque de marcher sur la tête faute de lester assez mes chaussettes et si le pruneau passe de part en part sans même me laisser de trous de mémoire.
Cela tendrait sûrement à prouver que je ne suis qu'une tête sans cervelle ou qu'elle s'est envolée, cervelle-moineau, donnant là raison à mes détracteurs.
Si le pruneau s'y niche pour de bon
Cela y rajoutera une dose de plomb
Au pire un petit noyau de poids chiche
Un implant pour mieux réfléchir ?
Je risque la définitive détente
Avec un corps tout à fait raide
Celui d'un drôle de pistolet
Qui à trois plombes du matin, à jeun,
Se sera envoyé un petit pruneau.
A moins que faute de chance, manqué !!! Dans ce crâne de granit breton, la balle n'a pu rentrer ou que le vieux pistolet se soit encore enrayé. Et, ma sortie sera complètement ratée !!!
Quel gâchis ! En n’ingurgitant ce fruit en liqueur, ce ne serait pas la morte subite mais tout en douceur, avec ces délicieuses effluves sucrées, mon cerveau aurait tant mijoté, comme un lapin aux pruneaux se réduisant tellement qu'il aurait pris la clé des champs.
Et, tout chasseur vous le dira, même un écervelé, qu'un gibier absent ne peut-être plombé : c'est évident !
Et voilà une question réglée sans effusion de sang !
Suicidez-vous jeune, vous profiterez de la mort.
Au paradis, on est assis à la droite de Dieu : c’est normal, c’est la place du mort.
Pierre Desproges
Il m'arrive de regarder mon image sous toutes les coutures et ça me donne envie d'en découdre avec moi-même d'autant qu'on dit que je manque de cervelle ou bien que je ne suis qu'un écervelé. Ce qui revient pratiquement au même !
A bien retourner de profil,
De face, de large, de travers.
Cette question indélicate
La détente me démange
Celle reliée au canon posé
Sur l'une de mes tempes déjà grisée,
Prêt à percer cette matière dégrisée.
Je me bourrerais bien le mou
Au neuf millimètre pour régler tout :
Faire une trouée pour éclaircir
Mes idées les plus ténébreuses
Ou, me plomber au gros calibre.
Bien que je risque de marcher sur la tête faute de lester assez mes chaussettes et si le pruneau passe de part en part sans même me laisser de trous de mémoire.
Cela tendrait sûrement à prouver que je ne suis qu'une tête sans cervelle ou qu'elle s'est envolée, cervelle-moineau, donnant là raison à mes détracteurs.
Si le pruneau s'y niche pour de bon
Cela y rajoutera une dose de plomb
Au pire un petit noyau de poids chiche
Un implant pour mieux réfléchir ?
Je risque la définitive détente
Avec un corps tout à fait raide
Celui d'un drôle de pistolet
Qui à trois plombes du matin, à jeun,
Se sera envoyé un petit pruneau.
A moins que faute de chance, manqué !!! Dans ce crâne de granit breton, la balle n'a pu rentrer ou que le vieux pistolet se soit encore enrayé. Et, ma sortie sera complètement ratée !!!
Quel gâchis ! En n’ingurgitant ce fruit en liqueur, ce ne serait pas la morte subite mais tout en douceur, avec ces délicieuses effluves sucrées, mon cerveau aurait tant mijoté, comme un lapin aux pruneaux se réduisant tellement qu'il aurait pris la clé des champs.
Et, tout chasseur vous le dira, même un écervelé, qu'un gibier absent ne peut-être plombé : c'est évident !
Et voilà une question réglée sans effusion de sang !
O0
Comme, j’en ai eu la remarque de plusieurs lecteurs, je tiens à vous préciser que je ne suis pas au bord du suicide. Je souhaite maintenir le « JE » ici dans le but de donner plus de force à mon propos.
0oOO
La détente : faut surtout pas appuyer dessus !Suicidez-vous jeune, vous profiterez de la mort.
Au paradis, on est assis à la droite de Dieu : c’est normal, c’est la place du mort.
Pierre Desproges