Math44
Nouveau poète
"C'est grave." Mes yeux se emplissent de larmes. "Comment ça grave ? Qu'est-ce qu'elle a ? Comment va-t-elle ? -On n'en sait pas plus." Elle est peut-être dans le coma ou, mon coeur se glace et je ris de ma stupidité, elle est morte. "Il est arrivé Mathilde." Lui, le regard perdu, je me jette sur lui. "Comment va t-elle ? Où est-elle ? - Mes chéris, elle est morte. " Mes jambes se sont mises à trembler. Son sourire m'est apparu en premier, comment pourrais-je vivre sans son sourire ? Mon estomac fait une cabriole, la douleur me dévaste. L'espace d'une seconde je la vois me serrer dans ses bras. Pourquoi ? Plutôt mourir que de rompre cette étreinte. Je vois la photographie de sa voiture, l'article. La violence de sa mort me tétanise. " Non , je ne veux pas entrer !" La peur, petits pas ... encore... "Oh non ! gémis-je" Elle est là, étendue, les yeux clos, le visage préservée de toute violence, intacte. Ses petites mains aux jointures abîmées par le basket et qui m'ont tant calinées sont jointes, froides. Je la supplie de se réveiller, je l'embrasse, lui avoue mes bêtises, je l'embrasse. Rien n'y fait. Sa cage se referme sur elle. Pourquoi je l'ai pas retenue ? Elle ne serait pas morte encastrée dans un poids lourd, elle une femme merveilleuse. Pourquoi elle et pas moi ? 44 ans c'est trop jeune, 14 c'est pas grave. Maman je t'aime tellement, tu me manques à en crever.