Filiatus
Maître Poète
C'est dans une verve amusée
Que par ces mots j'aimerais dire
Que l'inventrice du musée
Aux célèbres têtes de cire
Marie Grosholtz, femme Tussaud
De son art n'en tirait gloriole
Car son père était un bourreau
Et qu'elle était à bonne école
Enfant de Joseph et Marie
Née en décembre comme "Lui"
En entendant son premier cri
C'est une fille qu'on se dit
Elle est élevée par sa mère
Car son père, un aide-bourreau
S'en est allé faire la guerre
Où il est tombé en héros
La mère est femme de ménage
À Berne, chez un médecin
Un peu physicien, un peu mage
Qui est né en quarante et un
Le docteur Philippe Curtius
Que Marie appelle "tonton"
Possède aussi dans son cursus
Pour la sculpture, quelque don
S'offrant d'en tirer avantage
Auprès de fortunés messires
En France, Curtius aménage
Un musée de portraits en cire
Après une année prospective
Curtius fait venir à Paris
De manière définitive
Madame Grosholtz et Marie
Dans sa maison aux quatre pièces
Il œuvre dans son atelier
À côté de sa jeune nièce
Qu'il initie à son métier
Peu à peu le trio étrange
Atteint si belle renommée
Que les spectateurs se dérangent
Depuis de lointaines contrées
Fillette, puis adolescente
Marie est si bonne ouvrière
Qu'à quatorze ans elle présente
Un portrait criant de Voltaire
Puis elle crée entre autres bustes
Celui de Jean-Jacques Rousseau
Et celui un peu plus robuste
De Franklin, alors un héros
Dans la "Taverne des voleurs"
Située au boulevard du Temple
Le jour où la nuit, à toute heure
Les grosses têtes se contemplent
Puis la Révolution arrive
Pour Marie c'est inespéré
Pendant quatre années successives
Enfin les têtes vont tomber
Mais un concurrent malhonnête
Familier du bourreau Sanson
S'il ne lui fait couper la tête
Il la fait jeter en prison
C'est grâce au grand peintre David
Qu'elle sort de cette Bastille
Sanson, le bourreau régicide
N'avait pas l'esprit de famille
Curtius sentant sa mort prochaine
Lègue ses œuvres à Marie
Marie pour compenser sa peine
À Paris, vite se marie
De trente-quatre à trente-huit ans
Elle entrecoupe son travail
De quelques naissances d'enfants
Qu'elle élève vaille que vaille
Bientôt le couple se sépare
Lors, avec son petit dernier
En Angleterre, Marie part
Pour retrouver un associé
Bien que la paix soit revenue
Qu'elle ne parle pas anglais
Suffisant sont ses revenus
Pour vivre là-bas, à jamais
Marie installe son bazar
En plein Londres, dans "Baker Street"
Où quintessence des "quat'zarts"
Et pires horreurs cohabitent
Elle rédige ses mémoires
Pour laisser d'elle aimable trace
Essayant de nous faire croire
Qu'elle venait de noble race
Quand sonne son heure dernière
Elle moule son propre buste
Qu'elle pose dans le vestiaire
Et s'endort du sommeil du juste
Que par ces mots j'aimerais dire
Que l'inventrice du musée
Aux célèbres têtes de cire
Marie Grosholtz, femme Tussaud
De son art n'en tirait gloriole
Car son père était un bourreau
Et qu'elle était à bonne école
Enfant de Joseph et Marie
Née en décembre comme "Lui"
En entendant son premier cri
C'est une fille qu'on se dit
Elle est élevée par sa mère
Car son père, un aide-bourreau
S'en est allé faire la guerre
Où il est tombé en héros
La mère est femme de ménage
À Berne, chez un médecin
Un peu physicien, un peu mage
Qui est né en quarante et un
Le docteur Philippe Curtius
Que Marie appelle "tonton"
Possède aussi dans son cursus
Pour la sculpture, quelque don
S'offrant d'en tirer avantage
Auprès de fortunés messires
En France, Curtius aménage
Un musée de portraits en cire
Après une année prospective
Curtius fait venir à Paris
De manière définitive
Madame Grosholtz et Marie
Dans sa maison aux quatre pièces
Il œuvre dans son atelier
À côté de sa jeune nièce
Qu'il initie à son métier
Peu à peu le trio étrange
Atteint si belle renommée
Que les spectateurs se dérangent
Depuis de lointaines contrées
Fillette, puis adolescente
Marie est si bonne ouvrière
Qu'à quatorze ans elle présente
Un portrait criant de Voltaire
Puis elle crée entre autres bustes
Celui de Jean-Jacques Rousseau
Et celui un peu plus robuste
De Franklin, alors un héros
Dans la "Taverne des voleurs"
Située au boulevard du Temple
Le jour où la nuit, à toute heure
Les grosses têtes se contemplent
Puis la Révolution arrive
Pour Marie c'est inespéré
Pendant quatre années successives
Enfin les têtes vont tomber
Mais un concurrent malhonnête
Familier du bourreau Sanson
S'il ne lui fait couper la tête
Il la fait jeter en prison
C'est grâce au grand peintre David
Qu'elle sort de cette Bastille
Sanson, le bourreau régicide
N'avait pas l'esprit de famille
Curtius sentant sa mort prochaine
Lègue ses œuvres à Marie
Marie pour compenser sa peine
À Paris, vite se marie
De trente-quatre à trente-huit ans
Elle entrecoupe son travail
De quelques naissances d'enfants
Qu'elle élève vaille que vaille
Bientôt le couple se sépare
Lors, avec son petit dernier
En Angleterre, Marie part
Pour retrouver un associé
Bien que la paix soit revenue
Qu'elle ne parle pas anglais
Suffisant sont ses revenus
Pour vivre là-bas, à jamais
Marie installe son bazar
En plein Londres, dans "Baker Street"
Où quintessence des "quat'zarts"
Et pires horreurs cohabitent
Elle rédige ses mémoires
Pour laisser d'elle aimable trace
Essayant de nous faire croire
Qu'elle venait de noble race
Quand sonne son heure dernière
Elle moule son propre buste
Qu'elle pose dans le vestiaire
Et s'endort du sommeil du juste