• Visiteur, merci de ne pas poster plus de 5 poèmes par jour. Ceci dans le but d'améliorer la visibilité du site.

ma jeunesse

totalementcrasy

Nouveau poète
Oh ! jeunesse enrichie de soixante années.
Ne vois-tu pas au ciel, voler les passereaux.
Qui, fuyant les frimas, s'en vont vers des vallées.
Où le ciel est moins gris, et le soleil plus chaud.
Tu veux rester ici avec nos souvenirs.
Rabâchant chaque jour, vieille maîtresse amère
Chaque moment joyeux, chaque instant de plaisir.
Ne comprends-tu donc pas qu'ils furent éphémères.
Je me souviens bien mieux, quoi qu'on dise ou qu'on fasse.
Des chagrins, des dépits, et des quelques malheurs,
qui te faisaient sourire, alors que je grimace.
Comme un clown fatigué, déguisant sa douleur.
J'ai bien lutté pourtant, pour bâtir notre toit.
Quand rentrant de la guerre et sans un sou vaillant.
Nous nous sommes usés, construisant toi et moi.
Un nid douillet pour quand sont venus les enfants.
Les enfants ont grandi, il fallut les nourrir.
Et de combien d'efforts, de travail journalier.
N'avons dû pas payer pour pouvoir les nourrir.
Et réchauffer leur pieds dans leur petits souliers.
Puis ils s'en sont allés, emportant notre force.
Tu partis avec eux, il n'en était pas l'heure.
En me laissant tout nu, comme arbre sans écorce.
En proie aux vents d'hiver, qui me gèlent le coeur.
Mes jambes sont rongées, je les sens qui vacillent.
Les bras me sont tombés, ne sont plus que bois mort.
Et je vois s'avancer le fer de la faucille.
Attends un peu vieillard, attends jusqu'à l'aurore.
Cette nuit me fut longue, chèvre de monsieur Séguin.
Je me suis bien battu, je suis rompu de coups.
Mais je m'allongerai, quand viendras le matin.
Et voyant le soleil, n'aurai plus peur du loup.
 
Retour
Haut