MA CITADELLE
hors concours
Afin d’endiguer les aléas de la vie
Je m’enferme dans ma tour d’ivoire
Afin d’esquiver les servitudes impies
Je me cloître en des jeux de miroirs,
Fuselant en des jets d’espérance
Dans l’abîme feutré de ma déraison
Mes pensées se déjouent de souvenances
Où s’égraineraient les germes de ma perdition,
Dans la brume du temps qui me reste imparti
Je préfère demeurer sourde à l’entendement
Ne répondre à aucun parti pris
Et meubler de silence mon aveuglement,
M’ancrer en un ailleurs imaginaire
Tissé de plumetis azurés
Où rêveries ne seraient passagères
En l’aube fragile de l’irréalité,
Je m’évanouis aux jougs de la haine
Voilant l’ire de mes ressentiments
Me retranchant en alvéoles incertaines
J’oublie la turpitude des torrents,
En ce sanctuaire de soyance fœtale
L’approche craintive du premier cri
S’étoufferait en une enceinte féodale
Où meurtrières se vaincraient de la nuit,
La renaissance d’une âme en sagesse
Forgée aux feux ardents de l’espoir
Effacerait les sources vengeresses
En l’abstraction de grisaille et de noir,
Je voudrais me replier en cette forteresse
Me murer et me cacher en ses tréfonds
Oublier mes sourires de détresse
M’isoler à jamais sans aucune oraison.