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M. BEBIN ET LES FAUTES D'ORTHOGRAPHE

ELUARD

Maître Poète
M.BEBIN était un grand professeur de français
Qui avait un plan de cours tout tracé
Pour qui la correction de la dictée était comme une vente au rabais
Ou comme le mois des soldes
C’était quatre points en moins la faute
Cinq fautes c’était zéro
Dix fautes c’était zéro² (zéro à la puissance deux)
Quinze fautes c’était zéro (zéro à la puissance trois) etc.…..
Pour lui le subjonctif c’était le grand serpent qui sifflait sur nos têtes
Avec toujours un grand S
Un subjonctif accroché comme une esse de boucherie
Pour certains le subjonctif c’était un trouble tête
Ou plutôt un trouble fête
Le serpent je l’ai côtoyé
Et peu à peu je l’ai amadoué
Et avec l’emploi du subjonctif je suis devenu de plus en plus doué
M. BEBIN était intraitable, mais clément
Il donnait facilement un zéro en dictée
Comme un dix sur dix en rédaction
Il se mettait en colère quand on décapitait le pluriel en oubliant le (s) ou le (x)
Tu parles sans (s) à la fin
Il y avait des élèves qui jusqu’à la fin de l’année étaient débiteurs vis-à-vis de M. BEBIN en orthographe
Et étaient endettés jusqu’au cou
Et tout au long de l’année M. BEBIN réclamait son dû
Et semble avoir tout perdu
Et plus ils faisaient de fautes et plus ils s’enfonçaient
Et accumulaient tous les pêchés de la langue française :
Discordance de temps, non accord du sujet avec le verbe etc.
M. BEBIN s’en allait à la chasse aux sorcières, à la chasse aux fautes d’orthographe
Tout au long du cours écrasait sa cigarette qu’il tenait entre ses dents pour se défouler, Comme s’il voulait la manger
Il voulait à tout prix nous inculquer la langue française et ses rudiments
Comme s’il conduisait un régiment
Le jour de la dictée M. BEBIN nous déclarait la guerre
Et éprouvait un immense plaisir, comme si c’était un exercice de torture
M. BEBIN nous voulait du bien
Pour certains (les faibles) il n’était rien
Pour moi c’était un saint envoyé par le ciel
Il nous lançait un défi transformé en duel
Que certains considéraient comme cruel
Mais pour moi tout était clair et réel
M. BEBIN emportait notre imaginaire au-delà du réel.
· Poème dédié à mon très cher professeur M. BEBIN au Lycée IMAM MALIK
Année 1971 Casablanca à qui je témoigne toute ma reconnaissance.
 
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