Mère Mer
Mère princière et nourricière
En ta faune, en ta flore, en tes fruits, en ta chair,
Depuis la nuit des temps convoitée par nos pères…
Que tu sois de glace, d’huile ou de sable
Tu restes indomptée et indomptable
Tu restes redoutée et redoutable :
Nombre de fiers et glorieux baroudeurs
Disparaîtront encore en tes profondeurs.
Artiste mer en toute gamme accomplie,
Tu offres chant, danse, peinture, sculpture et poésie,
Habitée de légendes, divinités et génies
Telles les ires de Poséidon, les jeux des Néréides,
Des abyssales monstres Scylla et Charybde.
Au diapason de ton caractère
Ton chant oscille de pianissimo en fortissimo,
Danse perpétuelle au rythme de tes airs,
Nuls point d’orgue, pause ou soupir en tes flots,
Tu ondules sous la mélodie de tes reflux,
Tu t’agites sous le vacarme des nues.
Tu détiens en ton sein une palette de maître,
D’instinct tu joue d’émeraude, de véronèse et de jade,
De corail, nacre jaspé, bleus celtiques en pléiade,
De ton ventre arrondi tu fais naitre et renaitre
Des tableaux vivants où les astres se reflètent,
Tu uses d’abstrait redessinant les contours
Aux rires de tes vagues, aux rimes de tes jours.
Tu sculptes falaises et lagunes aux voix de tes marées
Modelant de tes mains d’écume les plages et les rochers,
Calme, belle, forte ou houleuse
Tu peux être douce ou coléreuse.
Mer océane, des Sargasses ou d’Arale,
Mer Caspienne, tropicale ou australe,
Tu scintilles, tu brasilles, tu grondes, tu moutonnes,
Tu apaises, tu effrayes, du donnes, tu harponnes.
Muse des poètes, des peintres, des artistes, des rêveurs,
La bêtise des hommes court en ton malheur,
L’on te souille, l’on te bafoue, l’on te pollue
Est-il déjà trop tard pour revenir en arrière ?
Mer et terre sont du même « père »
Vas-tu, allez vous vous avouer vaincues ?