Je te pensais être le vent doux de l’été,
Le parfum d’une fleur à peine née,
Les étoiles aux clins d’oeils amusés,
Les pas tout occupés à danser,
Les chants à Venise envolés pour bercer,
Les montagnes grandies pour embrasser le ciel ;
Je te croyais être le vol des hirondelles,
La lune quand elle est nouvelle,
La chaleur du foyer qui t’accueille quand tout gèle,
Une musique d’autrefois qui t’apaise et t’appelle,
Le galet plat que la patience décèle,
La verte rivière aux algues qui s’emmêlent ;
Je te pensais être la respiration profonde de la nuit,
Le désir brutal de deux corps insoumis,
Les secrets que l’on tait bien enfouis,
Les bras serrés pour consoler l’ami,
Une tendresse aux yeux de l’abri,
Le voyage que l’on n’a jamais promis ;
Je te croyais et pensais partout sans oser te rêver,
Merveilleux songe dont je ne me risquais à parler,
Et puis j’ai vu ton réel, ton réel intimidé,
Et enfin j’ai pu,
Et j’ai pu enfin,
J’ai pu enfin exister.