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L'oeil de la nuit

Eléâzar

Maître Poète
Voici le jour venu où la nuit veut voir clair
En gardant l’œil ouvert aussi blanc que l’éclair ;
C’est le monde à l’envers et peut-être un compère
Viendra-t-il en ami pour faire à deux la paire…

J’ai l’envie apeurée de monter le fermer
Et doute que mon cri puisse le gendarmer.
Il flotte vers l’armoire à côté de la porte
A peine entrebâillée : que le diable l’emporte !

Il persiste à vouloir me narguer sans scrupule ;
Cette crapule, je le sais, me manipule
Et de mon cœur j’envoie mon sang monter au front
Pour m’aider à lutter contre ce vil affront.

Il faut que je me lève et lui parle sans crainte :
« Ami, je veux dormir, je ne suis pas d’astreinte ;
Va-t-en, tu n’as pas à t’occuper de mon sort :
Que ta nuit à mon corps prête un peu de sa mort. »

Mais, m’a-t-il vraiment vu ? Est-ce moi qu’il regarde ?
Vise-t-il la place de celui qui s’attarde
A venir abaisser et rassurer mes yeux
Après avoir ôté cet œil disgracieux ?

Mon Dieu, ne me dites pas qu’il monte la garde
Pour écarter à vos côtés la nuit blafarde !
Défaites-vous de votre endormeur précieux :
Hé, Morphée, descends et laisse un instant les cieux.
 
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