Hier, j'ai parlé à un ange et il m'a dit que Dieu pleurait. Moi, enfant pur et insouciant, je n'ai pas compris ce qui le rendait triste. L'ange me demanda comment je voyais le monde, quelle idée j'avais du bonheur. Je lui répondis que ma vie était gaie, même quand dehors la pluie tombait, que Maman et Papa étaient amoureux et que c'est ce qui me rendait heureux.
L'ange me répondit que les yeux d'enfant ne voient pas la vraie vie, ils ne voient que les bonnes choses mais que Dieu, lui, ressent toutes les joies et toutes les peines que les gens subissent chaque jour. Et aujourd'hui Dieu pleure, car la joie a laissé place au malheur. Le malheur de ces femmes battues, de ces femmes prisonnières de leur mari, prisonnières de leurs habits, prisonnières de leur vie. Le malheur de savoir que les différences que Dieu nous a transmises, l'homme s'en est servi pour rabaisser la femme, que ce soit dans le travail, dans les droits ou simplement dans le foyer. Le malheur de savoir qu'il n'a pas réussi à nous apprendre à vivre ensemble en acceptant nos différences, à vivre ensemble au-delà des apparences. Moi je n'ai pas tout compris et je lui répondis que je voyais Maman rire chaque jour, que dans les bras de Papa elle était épanouie et que je ne l'avais jamais vu pleurer .Qu'à la maison Papa l'aidait, que je les aimais autant tous les deux et qu'il n'y avait pas de différences.
Ce matin j'ai parlé à un ange et il m'a dit que Dieu riait. Il était heureux de savoir que malgré cette vie noire, les enfants avaient su garder espoir.