camilleperrot
Nouveau poète
La nuit, ce moment si pur et merveilleux où si peu d'âme ne s'anime, L'extérieur ne devient plus la crainte qui me comprime, Le silence, effrayant pour certain, prend possession du monde entier, La douce fatigue qui comme toujours se partage par millier. Le moment ou les rêveurs ne font que penser dans ce profond calme, Quand je prends le temps de laisser voler aux plus hauts cieux mon âme, Me demander comment et pourquoi suis-je encore ici, Me rappeler que pour les autres, je ne suis rien d'autre qu'un souci, Ou encore que jamais je ne serais ce quelqu'un plein d'ambitions, Cette personne simple qui vit sans se poser de questions, Celle qui aime la vie, l'esprit léger et sans véritable intelligence, Je la déteste, elle est la plus grande jalousie de mon existence. La fenêtre ouverte, le vent s'engouffrant dans ma chambre, Je regarde les yeux clos, la pureté du ciel des ténèbres, Ce ciel qui me procure une étrange sensation de vide. Je sens des gouttes mouillées du bout de mes lèvres avide, La pluie, assomme mon visage, de pleurs obscurs et mystiques. Un souffle, puis une légère bouffée de cet air toxique, Je respire, puis j'expire, des souffles ou soupirs qui se font mécaniquement, Peut-être pour me prouver que je vis encore malencontreusement. Mon visage clair s'assombrit peu à peu pour s'allier à ce triste décor. Ma bouche s'entrouvre délicatement, aucun mot ne sort, Il ne sert plus à rien de parler, personne n'entend, le monde est sourd, Personne ne m'écoutera, je suis seule quand se cache le jour. Mes mains prennent doucement appui sur le rebord de ma fenêtre, Pas trop fort, mes poignets sont cachés par un bandage sinistre, Le mal qui l'accompagne remonte comme chacun de mes problèmes, Pour me rappeler qu'il va falloir un jour y mettre un terme. Tant de personne identique croient me comprendre et pouvoir m'aider, À la fin ils se contentent à une incompréhension de souffrance inexpliquée. Trop de pensées morbides et suicidaires qui jamais ne s'effaceront, La douleur d'exister, une corde comme épée de Damoclès, prête à la pendaison. Je ne vis déjà plus, je me bats chaque jour pour essayer d'oublier, Je n'arrive plus à réfléchir, le stresse m'envahis, pour enfin m'effacer, Trop de questions existentielles sans réponse, pour continuer à vivre. Tout me semble transparent, je suis à côté de tout, je suis un livre, Un livre que personne n'ouvre, le monde vit sans moi, sans même me voir. Mes yeux verts se trouvent au fond des nuages, dans ce ciel lointain sans espoir, Il rêve de trop de choses, de trop d'amour et de reconnaissance, Tout ce que je n'aurais jamais, je ne suis pas faite pour avoir ces chances. Une trop grande haine irrévocable envers tout et contre tous et toute. Je vois trop de sang noirâtre qui m'entoure et qui m'envoûte, Du sang parcourant vos corps, mettre fin à vos âmes que je déteste. Mes mains tremblent énormément, comme attirés par ce liquide infeste, Celui qui fait partie de vous tous sans exception, celui que je veux voir. La torture, la sentence puis la mort envahie tous mes songes qui ne sont que noirs. Le diable renaît aux travers de mon esprit et corps, mon âme est possédée, Il est là, il me regarde, me fixe à m'en couper l'envie de respirer. Lorsque les mains pleines de sang, je tranche mon corps plutôt critique, Des traits, puis des lettres s'enchaînant qui au final ne forme plus que des plaques, Des plaques de sang et des ouvertures vers la mort qui rejette des gouttes, Le rouge coulant rejoint ce carrelage vierge et blanc en de nombreuses chutes. En dessous il se cache, sans un bruit, il est venu à moi pour me prendre, Chaque fois il me tend la main, je me sens si faible, je finirais par descendre. Pour le moment, toujours se referment mes nombreuses plaies ouvertes, Ma tête à chaque fois tourne, mais jamais mon coeur ne s'arrête. Je ne peux plus avaler aucune nourriture, cela me rappelle ma peau, Cette chair que j'arrache de mes bras dénudés avec ce couteau. Je ne peux plus lever les yeux, ne serait-ce que les entrouvrir pour voir, Les visions sanglantes prennent possession de ma vie sans vraiment le vouloir. Tout est devenue beaucoup trop dure, trop complexe à supporter, Je ne supporte plus aucune défaite, j'ai fini par abandonner. J'ai l'impression d'avoir déjà tout vu de ce monde, mais sans rien avoir vaincu, Le sentiment d'avoir eu trop de mal, j'en suis convaincu, j'ai déjà trop survécu. Je me moque de tout, j'attends peut-être trop de la vie, alors qu'elle n'est qu'un fardeau. Dépressive souriante, se laissant mourir peu à peu, bientôt dans son tombeau, Le rire nerveux me suivant sans me demander mon accord, ce masque m'épuise, Je fais semblant de tout, je souris et ris, pourtant tout me dramatise. Je ne pense certainement pas manquer de courage pour me suicider, Mais seulement et simplement de moyen pour accomplir mon idée. J'ai comme une angoisse répétitive qui surgit inconsciemment dans tout mon être, Comparable à la parole de l'inconscient que je cherche à abattre. Le seul choix que je me sens capable d'entreprendre, est celui de la mort. Avant de partir je veux que l'on sache, comme pour apporter un réconfort, Toute ma vie, depuis mon enfance, je n'ai eu qu'une sincère faveur, Maintenant que je suis devenue femme, j'ai le pouvoir autodestructeur, Jusqu'au dernier moment je répéterais que je n'ai toujours demandé qu'à partir, Éteint ma lumière, mes yeux que tu aimes tant, brûle à grand feu, laisse les mourir.