benoit la plume
Maître Poète
LES ROMS
Comme on vit on se penche,
Métro, pas vu, pas pris.
Ces Roms qui font la manche
Dans nos rues de Paris
Ne sont que des oiseaux
Aux branches du poirier,
Et ont comme le roseau
Su au vent se plier.
Leurs bouches vomiront
Des chants, puis des insultes
En leur quête d’un pognon
A qui l’on voue un culte.
Enfant des mauvais soirs
Aux gestes chapardeurs,
Femme usée en foulard,
Fillette aux yeux moqueurs,
Nouveau rat de la ville
Qui effraie le bourgeois,
Ta vie à face ou pile
Pour un morceau de bois,
Faux Roumain des Balkans,
De Timisoara,
Tu laisses des frères de sang
Que nul ne reverra,
Tu remontes la nuit
Des temps immémoriaux.
Ton apparition nuit
A nos vieux idéaux.
Ta vie précarisée
Est une accusation
Aux vies civilisées :
Tu leur poses question.
La main que tu nous tends
N’est pas dans l’Evangile,
Non plus dans le Coran,
Religions difficiles.
Enfant des mauvais soirs
Aux gestes chapardeurs,
Femme usée en foulard,
Fillette aux yeux moqueurs,
On t’a tant défendu
Sous l’ère Ceausescu
Quand loin de notre vue
Tu enflammas la rue.
Mais le monde vacille.
On ne sent pas encore
Les dégâts du bacille
Qui le travaille au corps,
Quand ange annonciateur
Tu nous laisses entrevoir
Cette immense lueur
Qui au loin se prépare.
Les rats quittent le navire.
Retournant la logique,
Tu entres dans l’empire
Pour la même fin tragique.
Comme on vit on se penche,
Métro, pas vu, pas pris.
Ces Roms qui font la manche
Dans nos rues de Paris
Ne sont que des oiseaux
Aux branches du poirier,
Et ont comme le roseau
Su au vent se plier.
Leurs bouches vomiront
Des chants, puis des insultes
En leur quête d’un pognon
A qui l’on voue un culte.
Enfant des mauvais soirs
Aux gestes chapardeurs,
Femme usée en foulard,
Fillette aux yeux moqueurs,
Nouveau rat de la ville
Qui effraie le bourgeois,
Ta vie à face ou pile
Pour un morceau de bois,
Faux Roumain des Balkans,
De Timisoara,
Tu laisses des frères de sang
Que nul ne reverra,
Tu remontes la nuit
Des temps immémoriaux.
Ton apparition nuit
A nos vieux idéaux.
Ta vie précarisée
Est une accusation
Aux vies civilisées :
Tu leur poses question.
La main que tu nous tends
N’est pas dans l’Evangile,
Non plus dans le Coran,
Religions difficiles.
Enfant des mauvais soirs
Aux gestes chapardeurs,
Femme usée en foulard,
Fillette aux yeux moqueurs,
On t’a tant défendu
Sous l’ère Ceausescu
Quand loin de notre vue
Tu enflammas la rue.
Mais le monde vacille.
On ne sent pas encore
Les dégâts du bacille
Qui le travaille au corps,
Quand ange annonciateur
Tu nous laisses entrevoir
Cette immense lueur
Qui au loin se prépare.
Les rats quittent le navire.
Retournant la logique,
Tu entres dans l’empire
Pour la même fin tragique.