LES OIES GRASSES
Je viens de larguer mon emploi... j'ai pété un câble...
Trente neuf heures en moins de trois jours...je n'en suis plus capable...
Haranguée, poussée, seringuée dans l'exiguïté des locaux,
Stoppée en permanence dans la cadence de mes tâches
Par la posture stagnante d'un gras vieux gros...
La tête me tourne...les nerfs me lâchent...
Sa fille, la "'patronne" en fait le moins qu'elle peut
Pas même une soupe pour son gamin, c'est bien trop compliqué...
Elle va bientôt avoir son second, incessamment sous peu,
Mais n'ayez crainte pour elle, c'est sa mère qui va s'en occuper...
Père et fille ont la démarche de ces oies grasses,
Ils mangent avidement les retours des clients...
De grands verres de rosé sont pour lui efficace,
La lecture de Vogue, Voici ou Voilà sont pour elle enchantement...
Les sujets de conversation me sonnent d'indifférence,
Lotos sportifs, contre rendus détaillés de télé réalité...
Et la bouffe du perso -riz pâtes semoule- en permanence
M'a rétrécit l'estomac...m'a donné la nausée...
J'ai lancé les dés, jeté les torchons et les tabliers,
J'ai dit adieu à l'eau grasse emplie de détritus de la plonge,
Devant moi s'entrouvrent les portes de dimanches et de jours fériés,
J'ai claqué brutalement celle des exploiteurs, ceux qui rognent, ceux qui rongent
Sans aucune grâce les oies grasses s'envolent lourdement de ma vie
Emportant goulument les recèles de mon énergie
En contre partie de vaporeux smic-chèques mensuels
Qui ne font foi des heures accomplies...domaine du virtuel!!!
Ouf! écrire m'a soulagée... je me sens mieux...
Toute ressemblance avec des personnes existantes sont réalité!!!