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Les deux coeurs (prestation de serment)

jackharris

Nouveau poète

LORIENT, le 1er Juillet 1960,


J’ai rencontré Maryse il y a quelques heures.
Malgré notre bonheur la peine nous brisait,
Nous ressentions l’effet de forces extérieures
Qui liaient nos destins. La trame se tissait
Quand, après une étreinte, Maryse déclara
Sans une hésitation, sans aucun préambule,
D’une simple impulsion parvenue, comme ça :
" Ô Jacques !... Mon amour, même si ridicule
" Je parais à tes yeux, je veux te demander
" De m’accorder encore une étrange faveur.
" Je suis certaine, oui, que tu vas accepter
" Quoique j’éprouve en fait un relent de pudeur ?
" Ô Jacques !... Mon aimé, il arrive à grands pas
" Le jour tant redouté où je devrai partir,
" Mais avant que résonne en ma tête le glas
" J’aimerais, de nous deux, garder le souvenir.
" Il se trouve, tout près, un lieu qui est serein,
" L’on peut s’y recueillir sans être dérangé,
" Il se situe, là-bas, après ce terre-plein,
" Vois !... la petite église en ce coin ombragé.
" J’aimerais que, tous deux, nous puissions nous y rendre
" Et qu’au pied de l’autel nous fassions un serment
" Pour que Dieu en secret parvienne à nous entendre,
" Bénisse de Sa main un double attachement.
" J’ose espérer qu’ayant accompli cette action
" Notre amour, dès l’instant, se sentira plus fort
" Grâce au lien de la foi, par cette communion
" Nous resterons unis au-delà de la mort."
Je sentis que sa main s’accrochait à la mienne
Afin de m’entraîner dans la maison de Dieu,
Je me laissais guider vers l’église chrétienne
Conscient de mon devoir. Arrivé en ce lieu,
A peine sur le seuil, je sentis une force,
Comme une aspiration me guidant à l’autel,
J’accédais à la voix qui se voulait l’amorce
D’un renouveau menant vers le spirituel.
Arrivant près du chœur, je me mis à genoux
Sur le sol froid et nu. Maryse m’imita.
Puis, me tournant vers elle, et sur un ton très doux
Je lui dis : « - Es-tu sûre à désirer cela ?
- Nous allons nous unir dans une foi commune
- Pure et indissoluble. Attention au parjure !...
- Qui renie cette foi court à son infortune,
- Qui renie cette foi lance à Dieu une injure.
- Maryse, réponds-moi !... Il en est temps encore !...
- Car, après, notre vie ne sera plus à nous !...»
" Ne me fais pas attendre, ô Jacques !... Je t’implore
" Puisque Dieu est présent à notre rendez-vous."
Je détournais les yeux, les portais sur la croix
Qui parut s’irradier sous un flot de lumière,
Un silence très bref, puis je laissais ma voix
Monter sous les ogives avec cette prière :
« - Ô Toi !... Dieu de bonté et des miséricordes,
- Toi dont je suis le fils, dont je suis l’humble enfant,
- A tes genoux, je prie pour que Tu nous accordes
- La grâce d’un bonheur. Toi qui es bienveillant,
- Veille sur notre union, sur notre bel amour,
- Qu’ils résistent au temps, aux forces du destin.
- Maryse est mon aimée, je la veux jusqu’au jour
- Où Tu m’appelleras pour mon dernier festin.
- Nous sommes entravés pour atteindre l’hymen
- Nous avons contre nous tant de forces obscures
- Mais nous n’accepterons jamais de dire "amen"
- Car ce serait, dès lors, Te lancer des injures.
- Or nous avons la foi, la foi en Ta Parole,
- Toi seul habilité à combattre le mal,
- Ne vois pas dans nos dires une pensée frivole
- Mais un acte sensé, un vrai cérémonial.
- Nous devons nous cacher du monde, aussi des hommes,
- Toi qui es notre Père en haut du firmament
- Nous espérons en Toi, voilà pourquoi nous sommes
- Au sein de Ta maison à prêter ce serment.
- Je jure de rester fidèle à mon amour
- De chérir cette femme et lui vouer ma vie,
- Quelles que soient les souffrances à subir en retour
- Jamais je trahirai le serment qui nous lie.
- Ô, j’aime tant Maryse, il faut la protéger,
- Je la place en Tes mains car j’ai confiance en Toi,
- Mais si jamais, un jour, je devais me renier
- Aux affres des enfers, aussitôt, jette-moi.»
Les larmes d’émotion roulaient sur mon visage
Et je crois que Maryse, un instant, défaillit :
Nous restâmes longtemps, bien après ce message
Puisqu’en quittant l’Eglise il faisait déjà nuit.


Cet extrait du roman "Les deux cœurs" concerne les vers 2145 à 2228
 
chapeau pour vous papi, trés beau poème franchement, j'adore fort bien tes écrits, sublimes sont les idées, sages demeurent les pensées, adorables restent les rimes, remarquable est le sujet façonné et le tout forme un trés délectable château de pensée né dans l'esprit du grand poète que vous êtes, bonne continuation à vous
 
tres bel ecris papy on si prend grave c magnifique vraiment bravoamitié christian et merci pour le com sa ma touché
 
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