LES COULEURS DU BLANC
Sur un mât j'ai voulu hisser un drapeau blanc,
Avant d'atteindre la cime il a été éclaboussé de sang,
Alors dans l'eau fraîche du puits je l'ai trempé,
Il en est ressorti tout marbré et froissé...
Après réflexion j'ai brandi un foulard blanc,
Mais une nuée de volatiles, dessus, ont fienté,
Alors dans la marre je l'ai lavé et rincé,
Il en est ressorti visqueux, empli de taons...
J'ai trouvé et agité un mouchoir blanc,
Mais il s'est envolé dans les airs, dans le vent,
A mes côtés l'Enfant s'est mis à sangloter,
Pour le réconforter, l'apaiser, j'ai cherché...
Sur l'étendage j'ai décroché un grand drap blanc,
J'ai voulu m'en draper mais n'ai pas eu le temps,
Une mitraille m'a transpercée, m'a assaillie,
L'Enfant terrorisé m'a laissé, est parti...
"Ils ont du me prendre pour fantôme ou revenant
...M'ont tiré dessus...moi n'aspirant qu'en la paix"
Et là, étalée, étendue sous une haie
Semble désarticulée sous ce linceul blanc...
Ce suaire n'offre plus sa blancheur immaculée,
Du flux de mon coeur, de mes veines...entaché...
D'ivraies, de terre d'étamines... sali...souillé...
Il revêt les couleurs prometteuses d'arc en ciel...
Je distingue encore cette palette d'aquarelle,
Là, à travers les meurtrissures des balles...
Du rouge...du vert...du bleu...du jaune pâle...
Sur un mât j'ai voulu hisser un drapeau blanc,
Avant d'atteindre la cime il a été éclaboussé de sang,
Alors dans l'eau fraîche du puits je l'ai trempé,
Il en est ressorti tout marbré et froissé...
Après réflexion j'ai brandi un foulard blanc,
Mais une nuée de volatiles, dessus, ont fienté,
Alors dans la marre je l'ai lavé et rincé,
Il en est ressorti visqueux, empli de taons...
J'ai trouvé et agité un mouchoir blanc,
Mais il s'est envolé dans les airs, dans le vent,
A mes côtés l'Enfant s'est mis à sangloter,
Pour le réconforter, l'apaiser, j'ai cherché...
Sur l'étendage j'ai décroché un grand drap blanc,
J'ai voulu m'en draper mais n'ai pas eu le temps,
Une mitraille m'a transpercée, m'a assaillie,
L'Enfant terrorisé m'a laissé, est parti...
"Ils ont du me prendre pour fantôme ou revenant
...M'ont tiré dessus...moi n'aspirant qu'en la paix"
Et là, étalée, étendue sous une haie
Semble désarticulée sous ce linceul blanc...
Ce suaire n'offre plus sa blancheur immaculée,
Du flux de mon coeur, de mes veines...entaché...
D'ivraies, de terre d'étamines... sali...souillé...
Il revêt les couleurs prometteuses d'arc en ciel...
Je distingue encore cette palette d'aquarelle,
Là, à travers les meurtrissures des balles...
Du rouge...du vert...du bleu...du jaune pâle...