benoit la plume
Maître Poète
Les cerisiers et les pêchers
En mon tonneau des Danaïdes
Je jetterai tes déplaisirs,
Autour de toi ferai le vide,
Ne te laissant que des désirs.
Désirs d'éclair et de conquête
Dans les bras nus des matelots,
De jour de feu en jour de fête,
Et de repos au bord de l'eau.
Désir d'envol et d'Océan,
De train de nuit, de chants mongols
Et gutturaux, qu'on lance au vent,
Repris en chœur en Si bémol.
De grands cyprès qui se déplument
Aux pluies d'automne, dont tu envies
La sève d'enfer qui les allume
De leurs racines à leurs troncs gris,
De leurs troncs gris et érectiles,
Se redressant, griffant le ciel,
Nous rendant humbles, un peu futiles,
Par leur puissance exponentielle.
Désirs aussi d'ouvrir des portes
Sur des sommeils réparateurs
Semés de délices, et qu'importe
S'ils s'évanouissent, migrateurs,
Te laissant au jour qui se pointe
Le corps transi et visité
Du souvenir d'une vague d'étreintes
Aux doux relents d'éternité.
En mon tonneau des Danaïdes,
J'aurais brisé ces jours fugaces
De peine, d'ennui, et ces rides
Sur ton visage d'ange, ces crevasses
De dépit à la fuite du temps,
Et dans tes yeux réenchantés
Refleuriront comme au printemps
Les cerisiers et les pêchers.
En mon tonneau des Danaïdes
Je jetterai tes déplaisirs,
Autour de toi ferai le vide,
Ne te laissant que des désirs.
Désirs d'éclair et de conquête
Dans les bras nus des matelots,
De jour de feu en jour de fête,
Et de repos au bord de l'eau.
Désir d'envol et d'Océan,
De train de nuit, de chants mongols
Et gutturaux, qu'on lance au vent,
Repris en chœur en Si bémol.
De grands cyprès qui se déplument
Aux pluies d'automne, dont tu envies
La sève d'enfer qui les allume
De leurs racines à leurs troncs gris,
De leurs troncs gris et érectiles,
Se redressant, griffant le ciel,
Nous rendant humbles, un peu futiles,
Par leur puissance exponentielle.
Désirs aussi d'ouvrir des portes
Sur des sommeils réparateurs
Semés de délices, et qu'importe
S'ils s'évanouissent, migrateurs,
Te laissant au jour qui se pointe
Le corps transi et visité
Du souvenir d'une vague d'étreintes
Aux doux relents d'éternité.
En mon tonneau des Danaïdes,
J'aurais brisé ces jours fugaces
De peine, d'ennui, et ces rides
Sur ton visage d'ange, ces crevasses
De dépit à la fuite du temps,
Et dans tes yeux réenchantés
Refleuriront comme au printemps
Les cerisiers et les pêchers.