Eléâzar
Maître Poète
Ils ont la tête qui émerge
De cous gélatineux, mollets,
Pétris de sauces aux bolets
Dans lesquels a trempé l’asperge.
Le teint fleuri de couperose,
L’œil pleurant injecté de sang
Et l’avalement indécent
Donnent au sobre la névrose.
On dit qu’ils émargent sans doute
A la secte des gens sanguins
Qui font les foins et les regains
Que leur rude charrue redoute !
Ils engloutissent des pâtés,
Des féculents et des gelées,
Des pâtisseries dentelées
Pour leurs estomacs appâtés.
Ils boivent - c’est encore mieux -
Bordeaux et Bourgogne en barrique
Pour soigner leur acide urique
Dus aux mets gras et copieux.
Ils partent dans des véhicules
Vers des gastronomiques lieux
Aux prix astronomiques ; (mieux
Qu’un caillou dans leurs vésicules ?)
Ils nient le bienfait du bon lait
De brebis et de vache rousse
Qui aurait pu ficher la frousse
A notre François Rabelais.
Après tout, qui mieux qu’Epicure
Ecrivit que l’homme a raison
De s’empiffrer ? La crevaison
Vient au moment de la piqûre.
De cous gélatineux, mollets,
Pétris de sauces aux bolets
Dans lesquels a trempé l’asperge.
Le teint fleuri de couperose,
L’œil pleurant injecté de sang
Et l’avalement indécent
Donnent au sobre la névrose.
On dit qu’ils émargent sans doute
A la secte des gens sanguins
Qui font les foins et les regains
Que leur rude charrue redoute !
Ils engloutissent des pâtés,
Des féculents et des gelées,
Des pâtisseries dentelées
Pour leurs estomacs appâtés.
Ils boivent - c’est encore mieux -
Bordeaux et Bourgogne en barrique
Pour soigner leur acide urique
Dus aux mets gras et copieux.
Ils partent dans des véhicules
Vers des gastronomiques lieux
Aux prix astronomiques ; (mieux
Qu’un caillou dans leurs vésicules ?)
Ils nient le bienfait du bon lait
De brebis et de vache rousse
Qui aurait pu ficher la frousse
A notre François Rabelais.
Après tout, qui mieux qu’Epicure
Ecrivit que l’homme a raison
De s’empiffrer ? La crevaison
Vient au moment de la piqûre.