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L'enterrement syndical !

al1oulautre

Nouveau poète
Il est mort le Syndicaliste,
il est mort et enterré,
sans cérémonie, sans discours,
sans trompette, ni tambour,
sans rien du tout,
mais c'est lui qui l'avait demandé !
Et ses amis, ses camarades,
sont là debout,
devant ce trou,
perdus,
désemparés
de n'avoir plus
que leurs yeux pour pleurer !
Un peu honteux,
d'envier l'enterrement, tout près,
aux normes de la société,
trois tombes à côté !
Mais c'est lui qui l'avait demandé !
Puis un murmure chantonné,
si bas à ne point savoir d'où il est né !
La voix si hésitante
celle de savoir
que parler devient devoir,
tout en voulant rester caché
de peur que c'est bêtise qu'on fait !
Mais la bêtise est partagée,
d'autant qu'elle n'est que dignité !
Et ils y passent tous
chants d'espoirs,
de lutte ou de départ !
Les rangs serrés
pour se protéger,
le poing levé
pour se compter,
et de chanter toujours plus fort
pour pleurer s'interdire,
à ne jamais vouloir en finir,
tel sur le quai d'une gare
un Au-Revoir
à un ami aimé
pour lui dire
qu'on l'oubliera jamais !
Ca fait désordre
dans l'enterrement d'à côté,
ça commence à ronchonner,
ca ne se fait pas,
manque de respect !
Et même morts,
ils continuent à emmerder !
Et le curé, à son tour, s'y met !
Le regard droit vers eux tourné,
les bras levés,
même le silence se tait
de peur et dans l'attente
de la Colère de Dieu
qui va frapper
"les empêcheurs
d'enterrer en rond"
! (*) (*) paroles d'une chanson de Georges Brassens
"Heureux les affamés et les assoiffés
de Justice car ils seront rassasiés"
Puis en latin,
s'il vous plaît, il reprend
son enterrement d'à côté !
là où il en était resté
comme si de rien était !
Ils y en avaient
des bouffeurs de curé
trois tombes à côté,
voilà leur appétit coupé !
et leurs seuls mots trouvés,
ne furent qu'un cri du coeur,
loin, très loin de la colère,
un trés poli "Merci mon père!"
Et les voilà tous repartis,
dans un boucan d'enfer
d'histoire de luttes à mener ,
de solidarités à bâtir,
de combats à venir,
de combats à gagner !
avec l'enthousiasme
de leur jeunesse retrouvée,
d'y croire toujours encore,
si on est deux au moins à en parler !
Avec l'enthousiasme
de leur jeunesse retrouvée
d'avoir rencontré
l'Espérance d'Eternité
qui leurs manquait !
Et sans savoir pourquoi,
sans même se le dire,
ensemble, tous ensemble,
ils se sont arrêtés,
à l'enterrement d'à côté,
unis et silencieux
comme une prière à eux,
à vous en faire pleurer !
à forcer le respect !
à faire regretter
au mort, à sa famille
à tous les invités
de n'avoir point connu jamais
cette force de solidarité,
de faire communauté
derrière La Vérité !
 
............j'y reviendrai sur celui-ci.........sourire !! je vais y songer avant de poser mes mots !!!!
 
comme tu as pu surement le voir, je l'ai lu, relu....comme toujours....tes mots....comme tu les dis je les adore..........et là......d'où est venue ton inspiration..........de loin.......c'est superbe .......Bravo toi au l'autre ! Chriss
 
sublime de verité, de pied de nez à la societé avec tes mots bien à toi qui coulent tous seuls.
bisous
isa
 
C'est comme s'ils chantaient en choeur solidaires :
"Merci pour ce que tu as été et pour ce que nous sommes lorsque nous nous retrouvons ensemble"
Ce "camarade" se devait d'avoir un enterrement qui reflète ce qu'il aura été : un battant, un passionné, un syndiqué...d'autant que c'était manifestement...son dernier défilé...
Comme vous dites: il a été enterré sans rien du tout....un peu presque comme ce qu'il aura obtenu pendant ses combats : rien du tout !!!
Pourtant il méritait d'avoir le discours du curé puisqu'il c'était un SAINT dit Caliste...

Votre texte est puissant...j'y comprends : notre manière de dire "adieu" est en adéquation avec les "bonjours" qu'on aura passé ensemble...
BRAVO pour les "derniers mots" de votre poésie...
 
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