Le voyage de l'âme...
Terminé le doux confort, jetées les pantoufles!
Cinq heures, l'astre solaire se lève triomphant...
Je pars, tenter de laver mon âme de mécréant...
Jouant dans ma chevelure, un vent frais souffle...
Sur la colline de Vèzelay, au cœur de l'Yonne
Je suis un pèlerin suivant les chemins fleuris,
Un bâton, une coquille, dos chargé, des amis...
Mon cœur, telle une cloche d'église résonne...
Et ma tête encombrée, pense à cœur ouvert...
Je chemine, les pieds parfois blessés au sang.
Au fond de moi s'éveille un nouveau sentiment,
Au contact de cette nature parée de mille verts,
Mon âme comme un papillon, vole sur les fleurs
Qui bordent la route, le silence des compagnons
Ajoute à ma démarche un sentiment plus profond,
Chacun pense à ce qui fait de lui, un marcheur...
Les courtes haltes du soirs sont les bienvenues,
Nous trouvons encore la force de communiquer,
Visitant et partageant de beaux moments d'amitié,
Puis vient le sommeil, bercé au regard des nues...
Chaque lendemain devient une dure confrontation.
Régénérés, en chantant nous partons de plus belle,
Priant celui qui protège notre enveloppe charnelle,
Sans nous retourner nous poursuivons la mission...
A chaque sentier caillouteux ou chaque escalade,
Est une nouvelle aventure, une grande découverte
De soi-même, une destruction du corps, une perte
Des repères acquis, un face à face , une bravade...
Le corps souffre parmi les monts et les prés irisés,
Où s'éparpillent les sauges bleues et les jonquilles,
Où se cachent les pensées sauvages et la pulsatille
Mais l' âme s'élève pareille à l'oiseau, enfin libérée...
Sonnent l'histoire des hommes, aux chants des églises
Et Passe et repasse devant nos yeux toute la beauté
D'un monde à nos pieds, celui que nous avions oublié...
La marche brise nos corps et s'envolent nos hantises...
Passées les étapes de Vézelay à St-Jean-Pied-de-Port,
Aux contre-fort des Pyrénées, le chemin est encore long...
Mais sur ces dures voies initiatiques, un mot ; Le don,
Le don de soi, qui nous permet d'entr'apercevoir le port...
La montagne cruelle, s'ajoute à la souffrance physique,
Nous nous berçons du son des cloches divines, anticipé.
Nous sentons déjà l'odeur de l'encens, comme illuminés,
L'œil rassasié de faune, de flore aux parfums antiques...
Après avoir franchi les étapes sous les nuages éternels,
Les orages menaçants, le soleil chaud de la campagne
Nous trace sous le vent, la royale voie sacrée d'Espagne...
Celle des pèlerins de l'impossible, arrivant à Compostelle...
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