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Le Sylphe de Bonlieu

Sarita A

Maître Poète
Le Sylphe de Bonlieu

Il était un fantôme
Qu’on appelait le Sylphe
Le sylphe de Bonlieu
Habitant de ces cris
Terrifiantes lamentations
Les vallées et les lacs
En terre du Hérisson
Traumatisant paysans
Forestiers vagabonds
Commerçants, quiconque
Passe en ses lieux fétiches
Et de nos jours touristes
Promeneurs mêmes aguerris

Ne le croyez-point
Ne le bannissez-point
Je m’en vais vous conter
Raconter son malheur

Qu’est-ce donc un fantôme
Si ce n’est une pauvre personne
N’étant prête à partir
A lâcher ce qu’elle n’a pas réglé ?

Un jour de fort longtemps
Un beau cavalier blanc
Noble de son rang
S’en allait voir sa belle
Quittant son haut-jura
Sur son fier destrier blanc

La belle l’attendait,
jours ou semaines ?
En sa plaine éloignée.

Arrivé à Bonlieu
Le chevalier enamouré
Se risqua à emprunter
Le chemin du bois brûlé
Qui mène par les cascades
Vers la vallée au plus court
Le bienheureux ne prêta pas
Sa vigilance au Sabbat
Qui prenait lieu
En ce chemin si bien nommé.

Les diables surpris dans leur intimité
Ne le pouvant supporter
Lui envoyèrent à lui et sa monture
Leur bande de chats noirs
Les terribles les affreux
C’est ainsi que notre cavalier blanc
Le cœur tourné vers son amour
Ne put se résoudre d’accepter son trépas

Ainsi il hante sans cesse
Notre belle vallée, les lacs et les forêts
Ne le bannissez point
Ne le haïssez point
Et cessez d’avoir peur
Écoutez le ton de ses cris de malheur

On dit que seul le malheur des autres
Nous décentre du nôtre
Il en est de même pour cette créature
Fantôme traversant dans un souffle blanc
Devançant ses sanglots par ici et par là

Si tellement bien comme disait ma grand-mère
Qu’il paraîtrait qu’aux hommes et femmes
En détresse, si ceux-ci se lamentent
Perdus au fond des bois
De pleurs sonores autant que désespérés
Le Sylphe de Bonlieu sait leur ouvrir son cœur
Taisant ses geignements il ouvre ses oreilles
En un saut vitesse d’un éclair
Se saisit des pauvres malheureux
Sur son fidèle coursier les charge de travers
Pas le temps de penser
Déjà se retrouver posé en un carrefour
Des plus connus et facile même pour les benêts

Ouvrez-donc votre cœur exprimez vos détresses
Ainsi celui qui effare de trop souffrir
Autocentré sur son propre malheur
Peut-être vous entendra
Et ouvrira le sien

Sarita
03/04/21
librement inspiré et adapté d’après une légende jurassienne
Une histoire que j'adore raconter, qui depuis tant de temps attendait que je pose ses mots
 
J'aime beaucoup les contes et légendes.
Merci du partage :)

Amitiés,
 
chouette Mathale!
merci de ton passage ici, et enchantée que l'histoire t'ait plu ;-)
 
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