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Le Roi paresseux et la Tour en furie

MikaëlMorin

Maître Poète
Sur un damier noir et blanc bien rangé,
Le Roi s’ennuyait, dodu et âgé.
« Qu’on me serve du thé ! » criait-il sans vergogne,
Pendant qu’un pion pleurait, coincé dans sa besogne.

La Reine, furieuse, menait la bataille :
« Encore un fou qui m’file la pagaille ! »
Elle virevoltait d’un coin à l’autre,
Plus rapide qu’un évadé de mon cloître.

Le Cavalier, fidèle, tournait en rond,
Faisant des "L" comme un drôle de poltron.
« C’est pas moi qui saute le premier, non non !
J’attends que le fou y aille, ce grand fanfaron. »

La Tour, elle, roulait des mécaniques,
« Moi j’vais tout droit, c’est mathématique !
Pas comme ces pions qui rampent en début,
Et qui, tout à coup, deviennent reines, c’est vu ?! »

Mais voilà qu’un pion, tout modeste, tout brave,
Atteint l’horizon sans une seule entrave.
Et pouf, le voilà en Reine éclatante !
Le Roi en tomba, choqué, de son fauteuil d’antan.

Moralité d’cette partie endiablée :
Aux échecs, faut pas trop snober les piétons,
Car le plus petit, s’il n’est pas mangé,
Finit parfois par choper le trône.
 
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