Filiatus
Maître Poète
La Révolution mit un terme
À ce qui était leur royaume
Une étendue de quelques fermes
Aux murs de chaux, aux toits de chaume
Vers mil quatre cent quatre-vingt
Dans une chambre du château
S'éveille le petit dauphin
Fils de Perrot, roi d'Yvetot
Tragiquement ses père et mère
Meurent précipitamment
Il ne reste que sa grand-mère
Pour gouverner en attendant
Mais la grand-mère est remariée
Avec un nommé Jean Baucher
Qui un sien enfant veut placer
Dessus le trône inoccupé
Le jeune dauphin seul au monde
De peur de mourir trucidé
À cette pantomime abonde
Mais nourrit une belle idée
Face à cette vieille personne
Dont les jours sont presque comptés
Il va prendre ce que Dieu donne
Aux jeunes hommes bien formés
Il va engrosser une belle
Pour se faire un digne héritier
Ainsi à seize ans le rebelle
Avec Marion doit se marier
La foule apprenant la nouvelle
Alors ne se sent plus de joie
Et fonce à travers les ruelles
Déloger l'autre pseudo-roi
Aussi, lorsque règne Louis XII
Règne sur les Yvetotais
Jean V et Marion son épouse
Jean Baucher en meurt de regret
Hélas Marion d'un mort accouche
Et disparaît en même temps
Le peuple point ne s'effarouche
Car Jean est beau et bien portant
À l'automne mil cinq cent dix
Il rencontre Jeanne Crespin
Et à défaut d'avoir un fils
Isabeau naît un beau matin
Jean vient d'avoir la cinquantaine
Quand sa fille épouse Martin
Du Bellay, bel énergumène
Cousin du fameux Joachim
Tandis que Jean croque ses pommes
Dans son royaume de douceur
L'Échiquier de Normandie nomme
Martin du Bellay gouverneur
François 1er, lors roi de France
Confirme Jean dans son statut
Souhaitant même bonne chance
Au dernier mâle des Chenu
Car père d'une fille unique
La dynastie va s'arrêter
En vertu de la loi salique
Qui d'autre va lui succéder ?
Peu après mil cinq cent cinquante
Quand Jean V meurt très âgé
Henri II par lettres patentes
Met un terme à leur royauté
Ce ne seront plus que des princes
Qui gouverneront Yvetot
D'ailleurs loin de cette province
À la Cour, ils feront le beau
Après cent ans de sinécure
Le royaume s'est transformé
En honnête sous-préfecture
Où le roi est le sous-préfet
À ce qui était leur royaume
Une étendue de quelques fermes
Aux murs de chaux, aux toits de chaume
Vers mil quatre cent quatre-vingt
Dans une chambre du château
S'éveille le petit dauphin
Fils de Perrot, roi d'Yvetot
Tragiquement ses père et mère
Meurent précipitamment
Il ne reste que sa grand-mère
Pour gouverner en attendant
Mais la grand-mère est remariée
Avec un nommé Jean Baucher
Qui un sien enfant veut placer
Dessus le trône inoccupé
Le jeune dauphin seul au monde
De peur de mourir trucidé
À cette pantomime abonde
Mais nourrit une belle idée
Face à cette vieille personne
Dont les jours sont presque comptés
Il va prendre ce que Dieu donne
Aux jeunes hommes bien formés
Il va engrosser une belle
Pour se faire un digne héritier
Ainsi à seize ans le rebelle
Avec Marion doit se marier
La foule apprenant la nouvelle
Alors ne se sent plus de joie
Et fonce à travers les ruelles
Déloger l'autre pseudo-roi
Aussi, lorsque règne Louis XII
Règne sur les Yvetotais
Jean V et Marion son épouse
Jean Baucher en meurt de regret
Hélas Marion d'un mort accouche
Et disparaît en même temps
Le peuple point ne s'effarouche
Car Jean est beau et bien portant
À l'automne mil cinq cent dix
Il rencontre Jeanne Crespin
Et à défaut d'avoir un fils
Isabeau naît un beau matin
Jean vient d'avoir la cinquantaine
Quand sa fille épouse Martin
Du Bellay, bel énergumène
Cousin du fameux Joachim
Tandis que Jean croque ses pommes
Dans son royaume de douceur
L'Échiquier de Normandie nomme
Martin du Bellay gouverneur
François 1er, lors roi de France
Confirme Jean dans son statut
Souhaitant même bonne chance
Au dernier mâle des Chenu
Car père d'une fille unique
La dynastie va s'arrêter
En vertu de la loi salique
Qui d'autre va lui succéder ?
Peu après mil cinq cent cinquante
Quand Jean V meurt très âgé
Henri II par lettres patentes
Met un terme à leur royauté
Ce ne seront plus que des princes
Qui gouverneront Yvetot
D'ailleurs loin de cette province
À la Cour, ils feront le beau
Après cent ans de sinécure
Le royaume s'est transformé
En honnête sous-préfecture
Où le roi est le sous-préfet