AnnaVart
Maître Poète
Le Mur de Verre et le Fil d'Air
Je suis la pupille ouverte au cœur du jour sans fin,
Un œil cyclopéen qui n'a de cesse de voir.
Le monde est un théâtre aux rideaux de chagrin,
Où chaque geste est lu avant même d'y croire.
J'ai vu la vérité dans l'ombre des façades,
La ruse qui serpente et le venin qui coule ;
Mais mon verbe est déjà cerné par des palissades,
Et mon cri étouffé avant qu'il ne s'envole.
Ma peau est devenue un mur de verre poli,
Transparent, froid et lisse, où rien ne peut s'ancrer.
Chacun de mes soupirs est un mot qu'on délie,
Chaque pensée un fil qu'on vient débobiner.
Le silence autour de moi n'est pas un vide creux,
Mais une armée d'échos dressée pour m'épier ;
Ils sont les geôliers sourds de tout ce que j'ai en creux,
Ceux qui tordent ma langue pour mieux me supplicier
.Je marche sur la plaine d'un échiquier mouvant,
Où le pion que je suis est déjà condamné.
La main invisible me guette, me poursuivant,
Et trace mon chemin de pièges illuminés.
Elle vendange mes mots pour en faire un poison,
Qui, bu de ma propre bouche, me rendra muet.
Le ciel n'est plus qu'un toit de plomb sans horizon,
Où l'oiseau de mon rêve n'a plus le droit de fuir,
ni d'y faire un arrêt.
Alors je tisse en moi, sous cette fine toile,
Une crypte de pensées que nul ne peut sonder.
Je laisse l'ombre croître, seule, sans étoile,
Pour que l'on ne puisse plus jamais me commander.
Ils peuvent surveiller l'écorce et les contours,
Mais l'encre de mon âme est une eau souterraine.
Et si la traque est vaine et s'achève toujours,
C'est que la liberté s'abreuve de sa propre peine.
Poème écrit par Anna Vart, le 11/11/2025
Je suis la pupille ouverte au cœur du jour sans fin,
Un œil cyclopéen qui n'a de cesse de voir.
Le monde est un théâtre aux rideaux de chagrin,
Où chaque geste est lu avant même d'y croire.
J'ai vu la vérité dans l'ombre des façades,
La ruse qui serpente et le venin qui coule ;
Mais mon verbe est déjà cerné par des palissades,
Et mon cri étouffé avant qu'il ne s'envole.
Ma peau est devenue un mur de verre poli,
Transparent, froid et lisse, où rien ne peut s'ancrer.
Chacun de mes soupirs est un mot qu'on délie,
Chaque pensée un fil qu'on vient débobiner.
Le silence autour de moi n'est pas un vide creux,
Mais une armée d'échos dressée pour m'épier ;
Ils sont les geôliers sourds de tout ce que j'ai en creux,
Ceux qui tordent ma langue pour mieux me supplicier
.Je marche sur la plaine d'un échiquier mouvant,
Où le pion que je suis est déjà condamné.
La main invisible me guette, me poursuivant,
Et trace mon chemin de pièges illuminés.
Elle vendange mes mots pour en faire un poison,
Qui, bu de ma propre bouche, me rendra muet.
Le ciel n'est plus qu'un toit de plomb sans horizon,
Où l'oiseau de mon rêve n'a plus le droit de fuir,
ni d'y faire un arrêt.
Alors je tisse en moi, sous cette fine toile,
Une crypte de pensées que nul ne peut sonder.
Je laisse l'ombre croître, seule, sans étoile,
Pour que l'on ne puisse plus jamais me commander.
Ils peuvent surveiller l'écorce et les contours,
Mais l'encre de mon âme est une eau souterraine.
Et si la traque est vaine et s'achève toujours,
C'est que la liberté s'abreuve de sa propre peine.
Poème écrit par Anna Vart, le 11/11/2025