lolamatti
Nouveau poète
Je regarde le mur qui s'étend devant moi.
Je ne n'ose pas le dépasser, alors j'attends.
J'attends que maman de l'autre côté du mur me dise :
Mais où étais-tu ? Nous te cherchions partout !
Ce n'était qu'un cauchemar, allons à la maison !
Mais ça n'arrivera pas. Je l'ai vue.
J'ai vu maman se faire emmener par des gens armés.
Je l'ai vue se débattre, pleurer, essayer de me prendre la main.
Sans la toucher...
J'ai vu les autres partir, le regard droit devant eux.
Ils avaient compris. Ils avaient compris qu'ils ne reviendraient plus chez eux.
Et pourtant, ils ne pleuraient pas.
Ils se contentaient de marcher, droit devant eux,
Tels des soldats allant au combat.
Et pourtant, dans un coin de leur tête, ils espéraient.
Comme moi, maintenant.
Alors que j'attends.
Derrière ce mur sans issue.
J'entends des gens, de l'autre côté, qui parlent.
Non, ils ne parlent pas, ils aboient.
Comme des chiens de chasse traquant un gibier.
Le gibier, c'est nous.
Nous n'avons rien fait de mal et pourtant, ils veulent notre mort.
Ils nous haïssent, alors qu'ils ne nous connaissent pas.
Nous ne sommes rien pour eux.
Nous ne sommes que du gibier.
Et pourtant, j'espère.
J'espère qu'ils sauront que je n'ai rien fait.
Que je veux seulement ma maman,
Que je veux rentrer chez moi,
Et ne plus être...
Juif.
Je ne n'ose pas le dépasser, alors j'attends.
J'attends que maman de l'autre côté du mur me dise :
Mais où étais-tu ? Nous te cherchions partout !
Ce n'était qu'un cauchemar, allons à la maison !
Mais ça n'arrivera pas. Je l'ai vue.
J'ai vu maman se faire emmener par des gens armés.
Je l'ai vue se débattre, pleurer, essayer de me prendre la main.
Sans la toucher...
J'ai vu les autres partir, le regard droit devant eux.
Ils avaient compris. Ils avaient compris qu'ils ne reviendraient plus chez eux.
Et pourtant, ils ne pleuraient pas.
Ils se contentaient de marcher, droit devant eux,
Tels des soldats allant au combat.
Et pourtant, dans un coin de leur tête, ils espéraient.
Comme moi, maintenant.
Alors que j'attends.
Derrière ce mur sans issue.
J'entends des gens, de l'autre côté, qui parlent.
Non, ils ne parlent pas, ils aboient.
Comme des chiens de chasse traquant un gibier.
Le gibier, c'est nous.
Nous n'avons rien fait de mal et pourtant, ils veulent notre mort.
Ils nous haïssent, alors qu'ils ne nous connaissent pas.
Nous ne sommes rien pour eux.
Nous ne sommes que du gibier.
Et pourtant, j'espère.
J'espère qu'ils sauront que je n'ai rien fait.
Que je veux seulement ma maman,
Que je veux rentrer chez moi,
Et ne plus être...
Juif.