Pierrotlalune
Nouveau poète
Le mari et l'amant ou La cigale et la fourmi... revu et corrigé
La cigale et la fourmi
La Cigale, ayant chanté tout l'été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue.
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la Fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu'à la saison nouvelle.
Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l'août, foi d'animal,
Intérêt et principal.
La Fourmi n'est pas prêteuse ;
C'est là son moindre défaut.
Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
Vous chantiez ? j'en suis fort aise :
Et bien ! dansez maintenant.
Le mari et l'amant
Le mari, ayant picolé tout l'été,
Se trouva fort dépourvue
Quand sa femme fut revenue.
Pas un seul petit tonneau
De bière ou de Pernaut.
Il alla crier famine
Chez son amant, à l'origine de sa ruine
Le priant de lui prêter
Quelque euros pour se sustenter
Jusqu'à la saison tranquille
Je vous paierai, lui dit-il,
Avant l'août, foi de buveur non de langue sale,
Intérêt et principal.
L'amant n'a pas une âme généreuse ;
Ce n'est pas là son moindre défaut
Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-il à ce buveur à la mine pernicieuse
Nuit et jour à tout venant
Avec ma bouteille, j’oubliais votre relation avec ma femme, ne vous déplaise.
Vous ? J'en suis fort aise :
Et bien ! En échange, donnez-moi votre femme maintenant.