benoit la plume
Maître Poète
LE HORS-LA-JOIE
Il était gros et pas très beau.
On le moquait dans ses écoles,
Un vrai boulet, pas un cadeau,
Pour les marioles c’est la vérole.
Le souffle court et le pas lourd,
Pour le football c’est pas gagné,
Faut pas t’attendre à du secours,
Si t’es pas bon, tu rentres à pied.
Au joli temps des colonies,
Jeux de plein air, chansons d’été,
Il retrouvait défait son lit
Et du gros sel dans son café.
On ne leur passe aucun défaut
Aux têtes de Turc, aux faire-valoir.
A la veillée il chantait faux,
On le mettait à l’isoloire.
Vingt ans galère et on est grand,
Pour tout bagage on a sa gueule,
Gueule de crétin mais cœur d’enfant
Qui pleure au soir parc’ que trop seul.
Chauffeur de bus il se casa,
Les gens derrière et lui devant,
Des quolibets et des crachats,
Le plus souvent l’inexistant.
Ca file si vite une vie d’insecte
Qu’on se retrouve la cinquantaine,
Viré du cercle, chômeur direct,
La vie moderne, faut pas qu’ça traine.
Il cahota tel un tracteur,
Encore plus lourd, encore plus gros,
Vidant des chopes et des shooters
En solitaire à l’apéro.
Il s’oubliait, s’hallucinait,
Se consolant à la nouvelle
D’une star d’hier qui déclinait
Et qu’on avait connue très belle.
La solitude ça rend cruel
Et dans son cœur si piétiné
On ne cueillait en fleurs de sel
Que des souffrances impardonnées.
Il mourut seul comme il se doit,
Les mal partis ça finit mal,
Il mourut seul en hors-la-joie
Un jour d’hiver à l’hôpital.
Qu’avait-il fait pour tant ramer ?
Méritait-il cette vie de chien ?
Naît-on verni ou bien damné ?
Est-ce que c’est vrai qu’on n’y peut rien ?
Son opinion sur la question,
Que j’aurais tant voulu connaître,
Nul n’en aura la réflexion,
Il s’est enfui par la fenêtre.
Il était gros et pas très beau,
On le moquait dans ses écoles,
Un vrai boulet, pas un cadeau,
Une vie passée au vitriole.
Il était gros et pas très beau.
On le moquait dans ses écoles,
Un vrai boulet, pas un cadeau,
Pour les marioles c’est la vérole.
Le souffle court et le pas lourd,
Pour le football c’est pas gagné,
Faut pas t’attendre à du secours,
Si t’es pas bon, tu rentres à pied.
Au joli temps des colonies,
Jeux de plein air, chansons d’été,
Il retrouvait défait son lit
Et du gros sel dans son café.
On ne leur passe aucun défaut
Aux têtes de Turc, aux faire-valoir.
A la veillée il chantait faux,
On le mettait à l’isoloire.
Vingt ans galère et on est grand,
Pour tout bagage on a sa gueule,
Gueule de crétin mais cœur d’enfant
Qui pleure au soir parc’ que trop seul.
Chauffeur de bus il se casa,
Les gens derrière et lui devant,
Des quolibets et des crachats,
Le plus souvent l’inexistant.
Ca file si vite une vie d’insecte
Qu’on se retrouve la cinquantaine,
Viré du cercle, chômeur direct,
La vie moderne, faut pas qu’ça traine.
Il cahota tel un tracteur,
Encore plus lourd, encore plus gros,
Vidant des chopes et des shooters
En solitaire à l’apéro.
Il s’oubliait, s’hallucinait,
Se consolant à la nouvelle
D’une star d’hier qui déclinait
Et qu’on avait connue très belle.
La solitude ça rend cruel
Et dans son cœur si piétiné
On ne cueillait en fleurs de sel
Que des souffrances impardonnées.
Il mourut seul comme il se doit,
Les mal partis ça finit mal,
Il mourut seul en hors-la-joie
Un jour d’hiver à l’hôpital.
Qu’avait-il fait pour tant ramer ?
Méritait-il cette vie de chien ?
Naît-on verni ou bien damné ?
Est-ce que c’est vrai qu’on n’y peut rien ?
Son opinion sur la question,
Que j’aurais tant voulu connaître,
Nul n’en aura la réflexion,
Il s’est enfui par la fenêtre.
Il était gros et pas très beau,
On le moquait dans ses écoles,
Un vrai boulet, pas un cadeau,
Une vie passée au vitriole.