Le fleuve sacré...
Le long du fleuve que l'on dit sacré
S'ébattent d'innombrables croyants,
Venus purifier âmes et corps souillés,
Côtoient aussi le havre des gisants...
Ô chemin d'espoir vers le nirvana,
Toi, cette immense certitude ancrée
En leurs gènes, tu diriges leurs pas,
Effaces en eux, la misère incrustée.
Nuance de l'astre orange s'y noie,
Caresse leurs chevelures d'ébène,
La vie s'éveille en rubans de soie
Sur le Gange, l'amour se promène...
Quand l'ombre courtise le fleuve,
S'allument et crépitent les foyers,
Son rivage s'enflamme et la veuve
Pleure en silence près d'un bûcher...
Hélas ! Il est aussi grand danger,
Le porteur de maladies véhiculant
La cendre qu'un vent ira disperser
Où se baignent des êtres vivants.
Je ne veux plus penser à Bénarès
Ces souvenirs au fond de l'abîme,
S'enfoncent et puis disparaissent,
Malgré leur beauté qui m'illumine.
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