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Le dur métier de garde barrière SNCF.

Maurice Marcouly

Maître Poète
Le passage à niveau et la guérite de mon enfance.

Mon père a exercé un temps le métier de veilleur de nuit qu’il jumelait avec le travail à la ferme.
Je l’accompagnais parfois et j’ai connu les différentes barrières et guérites entre la Madeleine et Cajarc.
Le métier n’était pas reposant même si à la fin des années cinquante les voitures ne provoquaient pas de bouchon dans le secteur rocailleux où il exerçait sa fonction.
Muni de sa gamelle bien remplie pour l’occasion réveillon oblige, on passait donc la nuit, dans ce petit abris très sobre, équipé d’un simple bureau d’une chaise et d’un petit poêle à bois, qui n’avait aucun mal à réchauffer l’atmosphère instantanément et à rendre la cabane très agréable pour ne pas dire confortable!.
Il faut savoir que le froid dans notre région prenait des proportions parfois très inquiétantes.
En février 1956 la température moyenne a oscillé entre moins quinze et moins vingt huit degrés et cela tout le mois.
Parfois quelques bêtes sauvages affamées dérangeaient notre quiétude, et venaient nous tenir compagnie des sangliers entre-autres, la nuit ne manquait pas de piquant!.
Était-ce la compagnie des chemins de fer français ?...sourires
Mais, revenons à notre petite guérite et parlons du travail de nuit du veilleur.
Les horaires des trains de marchandises étaient inscrits sur un petit carnet, et la barrière n’était levée manuellement que lorsqu’une voiture se présentait en klaxonnant brièvement le plus souvent.
La nuit était relativement calme côté route, cependant le trafic marchandises et ses convois avec des rames de soixante wagons pouvant atteindre mille huit cent tonnes se succédaient dans un rythme infernal !.
Mon père était muni de gros pétards qu’il pouvait fixer sur un rail et qui étaient censés arrêter le train en cas de problème majeur, il n’était pas rare en effet que dans le secteur de Toirac à Montbrun qu’un énorme rocher dans un bruit d’enfer stoppe le calme serein de la nuit et tombe sur la voie, par un système ingénieux téléphonique les veilleurs se prévenaient et installaient le dispositif d’arrêt avant que la locomotive ne se présente toute vapeur dehors.
Quelquefois les essieux chauffaient au point de devenir rouge écarlates, le gardien téléphonait alors à la gare de Cajarc pour signaler le grave problème.
Cela lui permettait au passage si je puis dire, d’arrondir un peu sa fin de mois, car une prime était versée pour récompenser cet acte de conscience hautement professionnelle.
La nuit était longue et chaque passage du monstre noir dans un grondement sourd provoquait un tremblement de terre de magnitude huit à neuf qui me réveillait, Ripette ajoutait à l’ambiance sombre un harmonieux coup de sifflet à l’entrée et à la sortie du tunnel, heureusement je n’avais aucun mal à me rendormir bercé par le calme qui revenait tranquillement et qui contrastait avec le grincement sinistre de ce tas de ferraille emballé, j’étais installé j’ai oublié de vous dire sur le bureau qui faisait office pour la circonstance de couche particulièrement douillette !.
Je me souviens d’avoir aidé mon père à relever les immenses bras des barrières avec les manivelles qui me paraissaient tout simplement démesurées, fier de cet exploit !.
Ainsi passait la nuit, je me suis par contre toujours demandé, si le garde barrière de Capdenac Gare avait le même salaire que celui de la vallée de la Diège après la mine sur le chemin empierré qui mène à Lieucamp ?.
Un avait un travail très important par rapport au trafic intense du rail et de la route et l’autre ne voyait passer qu’un tombereau tiré par des bœufs une fois par jour!....sourires
 
Dernière édition:
comme tout cela est émouvant pour moi je me revois dans mon pays .
mon père gardait la barrière à yolet le dimanche dès 4h du matin il lisait dans sa guérite
l'après-midi il faisait un somme allongé direct sur le banc de la table nous étions sis enfants et il fallait le réveiller à 3h l'après-midi, une fois on a oublié il s'est mis à courir c'était à 200m, il fut inspecté et gracié,il passait surtout des vaches et on pouvait faire du stop sur la voie .
penses-tu ça gagnait rien du tout mais ça faisait un peu pour la famille
nous on les poussait les barrières comme des portes
jamais je n'aurais la patience de tout raconter linéairement
j'aime bien tes chapitres dédiés moi j'écris tout en poèmes un peu obscurs pour certains
Oui c’est vrai le salaire était misérable, par rapport à la responsabilité, j’ai également connu les systèmes que l’on devait pousser encore plus archaïques!.
Je suis au gros fainéant de la plume j’écris d’un seul trait, et comme je le dis souvent sans me retourner, la poésie me freine dans mon élan et je lui préfère la prose pour cette simple raison.
J’écris bien quelques poèmes quand je me sens courageux, j’essaie alors d’être le meilleur possible!…sourires
J’ai écrit le « soleil et le poète » que j’ai posté hier je m’étais fixé 4 heures et 100 lignes, quelquefois je cherche la difficulté, je dois être un peu dingue!.
Merci pour ce ressenti nos pères ont exercé le même métier.
Amicalement
Maurice l’enfant terrible de Créa.
 
Mai 68

C’est écrit dans son carnet

En mai 68

Pendant que nous prenions la Sorbonne

Mon père

A fait la fosse du père Lescure

C’est écrit dans son carnet

En mai 68

Pendant que vous arrachiez les pavés

Mon père

Refaisait le petit mur de pierres sèches

De la cure de Yolet

C’est écrit dans son carnet

En mai 68

Pendant que vous voliez cheveux au vent

Sur barricade

Mon père

Se faisait couper les cheveux

C’est écrit dans son carnet

Le 8 mai il est allé voir les pompes de la station

A cause de l’orage

Les autres jours il ramonait les cheminées

Il remplaçait des tuiles

Il ramassait les ordures

Il fermait les gouttières

Il faisait du bois et des bricoles

Comme il disait

Le premier mai il gardait la barrière à Yolet

En lisant le journal

C’est écrit

Mais ce que vous ne saurez jamais

C’est ce qui n’est pas écrit

Et que moi je cherchais

Dans son carnet.

29 avril 90
si ça t'ennuie dis-le moi j'enlèverai

Non c’est intéressent, rien ne m’ennuie si ce n’est moi parfois!.
 
Le passage à niveau et la guérite de mon enfance.

Mon père a exercé un temps le métier de veilleur de nuit qu’il jumelait avec le travail à la ferme.
Je l’accompagnais parfois et j’ai connu les différentes barrières et guérites entre la Madeleine et Cajarc.
Le métier n’était pas reposant même si à la fin des années cinquante les voitures ne provoquaient pas de bouchon dans le secteur rocailleux où il exerçait sa fonction.
Muni de sa gamelle bien remplie pour l’occasion réveillon oblige, on passait donc la nuit, dans ce petit abris très sobre, équipé d’un simple bureau d’une chaise et d’un petit poêle à bois, qui n’avait aucun mal à réchauffer l’atmosphère instantanément et à rendre la cabane très agréable pour ne pas dire confortable!.
Il faut savoir que le froid dans notre région prenait des proportions parfois très inquiétantes.
En février 1956 la température moyenne a oscillé entre moins quinze et moins vingt huit degrés et cela tout le mois.
Parfois quelques bêtes sauvages affamées dérangeaient notre quiétude, et venaient nous tenir compagnie des sangliers entre-autres, la nuit ne manquait pas de piquant!.
Était-ce la compagnie des chemins de fer français ?...sourires
Mais, revenons à notre petite guérite et parlons du travail de nuit du veilleur.
Les horaires des trains de marchandises étaient inscrits sur un petit carnet, et la barrière n’était levée manuellement que lorsqu’une voiture se présentait en klaxonnant brièvement le plus souvent.
La nuit était relativement calme côté route, cependant le trafic marchandises et ses convois avec des rames de soixante wagons , pouvant atteindre mille huit cent tonnes se succédaient dans un rythme infernal !.
Mon père était muni de gros pétards qu’il pouvait fixer sur un rail et qui étaient censés arrêter le train en cas de problème majeur, il n’était pas rare en effet que dans le secteur de Toirac à Montbrun qu’un énorme rocher dans un bruit d’enfer stoppe le calme serein de la nuit et tombe sur la voie, par un système ingénieux téléphonique les veilleurs se prévenaient et installaient le dispositif d’arrêt avant que la locomotive ne se présente toute vapeur dehors.
Quelquefois les essieux chauffaient au point de devenir rouge écarlates, le gardien téléphonait alors à la gare de Cajarc pour signaler le grave problème.
Cela lui permettait au passage si je puis dire, d’arrondir un peu sa fin de mois, car une prime était versée pour récompenser cet acte de conscience hautement professionnelle.
La nuit était longue et chaque passage du monstre noir dans un grondement sourd provoquait un tremblement de terre de magnitude huit à neuf qui me réveillait, Ripette ajoutait à l’ambiance sombre un harmonieux coup de sifflet à l’entrée et à la sortie du tunnel, heureusement je n’avais aucun mal à me rendormir bercé par le calme qui revenait tranquillement et qui contrastait avec le grincement sinistre de ce cette ferraille emballée, j’étais installé j’ai oublié de vous dire sur le bureau qui faisait office pour la circonstance de couche particulièrement douillette !.
Je me souviens d’avoir aidé mon père à relever les immenses bras des barrières avec les manivelles qui me paraissaient tout simplement démesurées, fier de cet exploit !.
Ainsi passait la nuit, je me suis par contre toujours demandé, si le garde barrière de Capdenac Gare avait le même salaire que celui de la vallée de la Diège après la mine sur le chemin empierré qui mène à Lieucamp ?.
Un avait un travail très important par rapport au trafic intense du rail et de la route et l’autre ne voyait passer qu’un tombereau tiré par des bœufs une fois par jour!....sourires

Un récit prenant que j'ai lu d'une traite
Merci Momo de nous ouvrir les portes de ta vir
Amicalement
Gaby ta toujours fidèle lectrice
 
Le passage à niveau et la guérite de mon enfance.

Mon père a exercé un temps le métier de veilleur de nuit qu’il jumelait avec le travail à la ferme.
Je l’accompagnais parfois et j’ai connu les différentes barrières et guérites entre la Madeleine et Cajarc.
Le métier n’était pas reposant même si à la fin des années cinquante les voitures ne provoquaient pas de bouchon dans le secteur rocailleux où il exerçait sa fonction.
Muni de sa gamelle bien remplie pour l’occasion réveillon oblige, on passait donc la nuit, dans ce petit abris très sobre, équipé d’un simple bureau d’une chaise et d’un petit poêle à bois, qui n’avait aucun mal à réchauffer l’atmosphère instantanément et à rendre la cabane très agréable pour ne pas dire confortable!.
Il faut savoir que le froid dans notre région prenait des proportions parfois très inquiétantes.
En février 1956 la température moyenne a oscillé entre moins quinze et moins vingt huit degrés et cela tout le mois.
Parfois quelques bêtes sauvages affamées dérangeaient notre quiétude, et venaient nous tenir compagnie des sangliers entre-autres, la nuit ne manquait pas de piquant!.
Était-ce la compagnie des chemins de fer français ?...sourires
Mais, revenons à notre petite guérite et parlons du travail de nuit du veilleur.
Les horaires des trains de marchandises étaient inscrits sur un petit carnet, et la barrière n’était levée manuellement que lorsqu’une voiture se présentait en klaxonnant brièvement le plus souvent.
La nuit était relativement calme côté route, cependant le trafic marchandises et ses convois avec des rames de soixante wagons , pouvant atteindre mille huit cent tonnes se succédaient dans un rythme infernal !.
Mon père était muni de gros pétards qu’il pouvait fixer sur un rail et qui étaient censés arrêter le train en cas de problème majeur, il n’était pas rare en effet que dans le secteur de Toirac à Montbrun qu’un énorme rocher dans un bruit d’enfer stoppe le calme serein de la nuit et tombe sur la voie, par un système ingénieux téléphonique les veilleurs se prévenaient et installaient le dispositif d’arrêt avant que la locomotive ne se présente toute vapeur dehors.
Quelquefois les essieux chauffaient au point de devenir rouge écarlates, le gardien téléphonait alors à la gare de Cajarc pour signaler le grave problème.
Cela lui permettait au passage si je puis dire, d’arrondir un peu sa fin de mois, car une prime était versée pour récompenser cet acte de conscience hautement professionnelle.
La nuit était longue et chaque passage du monstre noir dans un grondement sourd provoquait un tremblement de terre de magnitude huit à neuf qui me réveillait, Ripette ajoutait à l’ambiance sombre un harmonieux coup de sifflet à l’entrée et à la sortie du tunnel, heureusement je n’avais aucun mal à me rendormir bercé par le calme qui revenait tranquillement et qui contrastait avec le grincement sinistre de ce cette ferraille emballée, j’étais installé j’ai oublié de vous dire sur le bureau qui faisait office pour la circonstance de couche particulièrement douillette !.
Je me souviens d’avoir aidé mon père à relever les immenses bras des barrières avec les manivelles qui me paraissaient tout simplement démesurées, fier de cet exploit !.
Ainsi passait la nuit, je me suis par contre toujours demandé, si le garde barrière de Capdenac Gare avait le même salaire que celui de la vallée de la Diège après la mine sur le chemin empierré qui mène à Lieucamp ?.
Un avait un travail très important par rapport au trafic intense du rail et de la route et l’autre ne voyait passer qu’un tombereau tiré par des bœufs une fois par jour!....sourires
Un moment de vie magnifiquement raconté
J'adore te lire et te relire
Amitiés
 
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