le cor
j'aime le son du cor le soir au fond des bois,soit qu'il chante les pleurs de la biche aux abois ou l'adieu du chasseur que l'echo faible acceuil et que le vent du nord porte de feuilles en feuilles. que de fois seul dans l'ombre a minuit demeuré, j'ai souri de l'entendre ,et plus souvent pleuré ! car je croyait ouir de ses bruits prophétiques qui précédaient la mort des paladins anthiques. O montagnes d'azur O pays adoré , Rocs de La Frazona,cirque du Marboré, cascades qui tombez des neiges entraînées ; sources ,graves ,ruisseaux,torrents des Pyrénées;monts gelés et fleuris,trône,des deux saisons,dont le front est de glace et le pied de gazon ! C'est là qu'il faut s'asseoir ,c'est là qu'il faut entendre les airs lointains d'un cor mélancolique et tendre souvent un voyageur, lorsque l'air est sans bruits , de cette voix d'airain fait retentir la nuit; à ses chants cadencés autour de lui se mêlent l'harmonieux grelot du jeune agneau qui bêle . Une biche attentive, au lieu de se cacher, se suspend immobile au milieu du rocher,et la cascade unit dans une chute immense son eternelle plainte aux chants de la romance . Ames des chevaliers,revenez -vous encor ? Est-ce vous qui parlez avec la voix du cor ? Roncevaux ! dans ta tombe vallée, l'ombre du grand Roland n'est donc pas consolée ?