Madame Maud
Maître Poète
Le choix,
Je pars du principe que tout ce qui est a raison d’être. Et si je décidais d’essayer de le comprendre sans choisir le bien, le mal ?
Là où l’on voit le bon, le mauvais, nous occultons forcément une partie de l’ensemble. Nous divisons, fractionnons et de facto nous nous installons devant un choix à faire.
En considérant l’ensemble, en reculant, en sortant de la vision qui étiquette, je peux aborder l’utilité du tout, toucher son sens et enfin assimiler sa nécessité .
Depuis que nous sommes enfants, nous apprenons à faire des choix, à établir des méthodes pour obtenir des résultats :
Choisis bien ton orientation et tu feras telles études pour accéder à tel métier, fais le bon choix !
Utilise telle méthode pour obtenir le résultat unique de cette addition, utilise la bonne méthode !
Ainsi nous n’avons pas été stimulés au fait que de nombreuses, d’infinies méthodes existent pour un résultat unique. Parallèlement de nombreux, d’infinis résultats existent pour une seule méthode.
Nous passons donc notre temps à choisir dans le but d’obtenir un seul résultat puis tels des fainéants à peine vivants nous voulons y attribuer une méthode unique, universelle et imparable. Nous nions intégralement les éléments extérieurs : cet éclair au chocolat m’a donné tant de plaisir hier que j’en veux un autre aujourd’hui, le même ! Nous oublions qu’hier notre humeur et notre appétit étaient différents de ceux d’aujourd’hui. La même méthode risque bien d’obtenir un résultat tout à fait différent. Combien de choses merveilleuses nous sont arrivées sans que nous les comprenions. Comprendre est une quête noble mais ne devrait-t-elle pas se cantonner qu’à un exercice primal ? N’y a-t-il pas de place pour le ressenti pur, l’instinct inexplicable ?
Nous rendons systématiquement la destination plus importante que le chemin. Elle le conditionne. L’éclair au chocolat n’était que le chemin, la destination était le plaisir. Le plaisir est-il forcément atteint par le goût du chocolat ? N’est-il jamais altéré, rejeté ? Les éléments de la destination paraissent essentiels à la détermination du chemin mais la destination ne reste qu’une partie du tout ! Elle est une finalité si furtive. Le chemin lui est long, riche et inconnu. Il sait même parfois totalement changer la destination. C’est un paradoxe étonnant : nous nous concentrons sur le furtif, le connu, le résultat et voulons une méthode unique et rapide pour aborder le long, l’inconnu, l’opération. Ainsi par une contraction indubitable, nous réduisons notre vision sans admettre de périphéries ! Uniquement afin de faire le bon choix !
Bien entendu que le choix est utile dans maintes situations mais à l’école, à la maison, nous n’avons pas appris à le regarder dans son ensemble, dans ses avantages, dans ses inconvénients. Nous avons souvent de la peine à changer de choix. Nous nous y accrochons comme à une promesse faite à un mort. Combien de nos choix ont été classés, considérés comme « mauvais » alors que nous avions la sensation qu’ils nous avaient grandi, apporté ? Et combien, à l’inverse nous ont laissés un ressenti étrange, un ressenti incomplet alors qu’ils étaient applaudis de tous ?
Il paraît donc évident que certains objectifs demandent d’établir des choix binaires, d’adopter un comportement jusqu’au-boutiste mais m’a-t-on appris à discerner lesquels ?
Suis-je autonome pour appréhender ce qui exige de ne pas être choisi ?
Madame Maud
Je pars du principe que tout ce qui est a raison d’être. Et si je décidais d’essayer de le comprendre sans choisir le bien, le mal ?
Là où l’on voit le bon, le mauvais, nous occultons forcément une partie de l’ensemble. Nous divisons, fractionnons et de facto nous nous installons devant un choix à faire.
En considérant l’ensemble, en reculant, en sortant de la vision qui étiquette, je peux aborder l’utilité du tout, toucher son sens et enfin assimiler sa nécessité .
Depuis que nous sommes enfants, nous apprenons à faire des choix, à établir des méthodes pour obtenir des résultats :
Choisis bien ton orientation et tu feras telles études pour accéder à tel métier, fais le bon choix !
Utilise telle méthode pour obtenir le résultat unique de cette addition, utilise la bonne méthode !
Ainsi nous n’avons pas été stimulés au fait que de nombreuses, d’infinies méthodes existent pour un résultat unique. Parallèlement de nombreux, d’infinis résultats existent pour une seule méthode.
Nous passons donc notre temps à choisir dans le but d’obtenir un seul résultat puis tels des fainéants à peine vivants nous voulons y attribuer une méthode unique, universelle et imparable. Nous nions intégralement les éléments extérieurs : cet éclair au chocolat m’a donné tant de plaisir hier que j’en veux un autre aujourd’hui, le même ! Nous oublions qu’hier notre humeur et notre appétit étaient différents de ceux d’aujourd’hui. La même méthode risque bien d’obtenir un résultat tout à fait différent. Combien de choses merveilleuses nous sont arrivées sans que nous les comprenions. Comprendre est une quête noble mais ne devrait-t-elle pas se cantonner qu’à un exercice primal ? N’y a-t-il pas de place pour le ressenti pur, l’instinct inexplicable ?
Nous rendons systématiquement la destination plus importante que le chemin. Elle le conditionne. L’éclair au chocolat n’était que le chemin, la destination était le plaisir. Le plaisir est-il forcément atteint par le goût du chocolat ? N’est-il jamais altéré, rejeté ? Les éléments de la destination paraissent essentiels à la détermination du chemin mais la destination ne reste qu’une partie du tout ! Elle est une finalité si furtive. Le chemin lui est long, riche et inconnu. Il sait même parfois totalement changer la destination. C’est un paradoxe étonnant : nous nous concentrons sur le furtif, le connu, le résultat et voulons une méthode unique et rapide pour aborder le long, l’inconnu, l’opération. Ainsi par une contraction indubitable, nous réduisons notre vision sans admettre de périphéries ! Uniquement afin de faire le bon choix !
Bien entendu que le choix est utile dans maintes situations mais à l’école, à la maison, nous n’avons pas appris à le regarder dans son ensemble, dans ses avantages, dans ses inconvénients. Nous avons souvent de la peine à changer de choix. Nous nous y accrochons comme à une promesse faite à un mort. Combien de nos choix ont été classés, considérés comme « mauvais » alors que nous avions la sensation qu’ils nous avaient grandi, apporté ? Et combien, à l’inverse nous ont laissés un ressenti étrange, un ressenti incomplet alors qu’ils étaient applaudis de tous ?
Il paraît donc évident que certains objectifs demandent d’établir des choix binaires, d’adopter un comportement jusqu’au-boutiste mais m’a-t-on appris à discerner lesquels ?
Suis-je autonome pour appréhender ce qui exige de ne pas être choisi ?
Madame Maud