Filiatus
Maître Poète
Le chanoine Kir inventa
Un délicieux apéritif
Mais lorsqu'on touchait à sa foi
Il avait l'humour corrosif
"Croire au bon Dieu, sans l'avoir vu
C'est idiot", dit un communiste
Kir lui rétorqua : "Et mon cul
Tu l'as pas vu, mais il existe !"
C'est à Alise-Sainte-Reine
Au pied du site d'Alésia
Que naît le petit phénomène
Qui tiendra ces propos gaulois
Le père Kir est perruquier
C'est-à-dire à la fois coiffeur
Barbier, bien souvent infirmier
Et de temps à autres, docteur
La mère élève son enfant
Avec fermeté et tendresse
Pour en faire un gamin brillant
À l'école comme à la messe
Au petit séminaire il va
Après l'école communale
Puis à Dijon sûr de sa foi
Au grand séminaire il s'installe
À vingt-cinq ans il devient prêtre
Et vient officier sur ses terres
Jusqu'à ce que l'Homme perpètre
Son insatiable envie de guerre
Pendant ces quatre années d'enfer
On le mute à l'infirmerie
Une aumônerie militaire
Aurait été le paradis
Quarante ans en mil neuf cent-seize
En dix-huit démobilisé
On le nomme curé de Bèze
[Le contraire serait osé]
Au cours des sermons du dimanche
Il tient des discours engagés
Sont-ce ces propos qui déclenchent
Sa nomination à Nolay ?
Kir adore la politique
Or, depuis quelque vingt années
L'État et la gent catholique
Se sont clairement séparés
Mais son évêque est sous le charme
C'est un peu son "Don Camillo"
Et s'il ne le fait rire aux larmes
Monseigneur rit de ses bons mots
Il offre même un ministère
À son turbulent épigone
L'instituant chanoine honoraire
En capitale bourguignonne
Lors du second conflit mondial
Le maire de Dijon détale
Lors, au conseil municipal
Le chanoine Kir s'installe
Il fait évader de Longvic
Un camp de prisonniers de guerre
Cinq mille soldats faméliques
Ce qui lui vaut deux mois de fers
Vilipendé par la Milice
Abhorré par les collabos
Le pauvre échappe in extrémis
Aux griffes de la Gestapo
Juste après la Libération
Les Bourguignons qui l'aiment fort
L'élisent maire de Dijon
Puis député de Côte-d'Or
Dans sa mairie, il est le chef
Il réinvente le "blanc-casse"
Rencontre Nikita Khrouchtchev
Jumelle Dijon à Dallas
On le voit faire le service
À la Chambre des députés
D'un tiers de crème de cassis
Et de deux tiers d'Aligoté
Il se dévoue tant pour sa ville
Et pour les bourgs des environs
Qu'une idylle naît pour l'édile
Et qu'un lac décline son nom
En mil neuf cent soixante-huit
À quatre-vingt-douze ans sonnés
Quand manifeste Cohn-Bendit
À bout Kir s'endort enivré
Un délicieux apéritif
Mais lorsqu'on touchait à sa foi
Il avait l'humour corrosif
"Croire au bon Dieu, sans l'avoir vu
C'est idiot", dit un communiste
Kir lui rétorqua : "Et mon cul
Tu l'as pas vu, mais il existe !"
C'est à Alise-Sainte-Reine
Au pied du site d'Alésia
Que naît le petit phénomène
Qui tiendra ces propos gaulois
Le père Kir est perruquier
C'est-à-dire à la fois coiffeur
Barbier, bien souvent infirmier
Et de temps à autres, docteur
La mère élève son enfant
Avec fermeté et tendresse
Pour en faire un gamin brillant
À l'école comme à la messe
Au petit séminaire il va
Après l'école communale
Puis à Dijon sûr de sa foi
Au grand séminaire il s'installe
À vingt-cinq ans il devient prêtre
Et vient officier sur ses terres
Jusqu'à ce que l'Homme perpètre
Son insatiable envie de guerre
Pendant ces quatre années d'enfer
On le mute à l'infirmerie
Une aumônerie militaire
Aurait été le paradis
Quarante ans en mil neuf cent-seize
En dix-huit démobilisé
On le nomme curé de Bèze
[Le contraire serait osé]
Au cours des sermons du dimanche
Il tient des discours engagés
Sont-ce ces propos qui déclenchent
Sa nomination à Nolay ?
Kir adore la politique
Or, depuis quelque vingt années
L'État et la gent catholique
Se sont clairement séparés
Mais son évêque est sous le charme
C'est un peu son "Don Camillo"
Et s'il ne le fait rire aux larmes
Monseigneur rit de ses bons mots
Il offre même un ministère
À son turbulent épigone
L'instituant chanoine honoraire
En capitale bourguignonne
Lors du second conflit mondial
Le maire de Dijon détale
Lors, au conseil municipal
Le chanoine Kir s'installe
Il fait évader de Longvic
Un camp de prisonniers de guerre
Cinq mille soldats faméliques
Ce qui lui vaut deux mois de fers
Vilipendé par la Milice
Abhorré par les collabos
Le pauvre échappe in extrémis
Aux griffes de la Gestapo
Juste après la Libération
Les Bourguignons qui l'aiment fort
L'élisent maire de Dijon
Puis député de Côte-d'Or
Dans sa mairie, il est le chef
Il réinvente le "blanc-casse"
Rencontre Nikita Khrouchtchev
Jumelle Dijon à Dallas
On le voit faire le service
À la Chambre des députés
D'un tiers de crème de cassis
Et de deux tiers d'Aligoté
Il se dévoue tant pour sa ville
Et pour les bourgs des environs
Qu'une idylle naît pour l'édile
Et qu'un lac décline son nom
En mil neuf cent soixante-huit
À quatre-vingt-douze ans sonnés
Quand manifeste Cohn-Bendit
À bout Kir s'endort enivré