petitbolide
Poète libéré
LE CANTOU
Debout devant la porte de la chambre
Mon souffle est court, mes mains tremblent.
Aujourd'hui, jeudi, 6ème jour de décembre
Voilà 1 mois que cet endroit nous rassemble.
Assise dans un fauteuil près de la fenêtre,
Elle me regarde avec cet air étonné !
Ses yeux me disent sa peur, ou sa détresse, peut-être.
Ils m'obligent à un grand sentiment de culpabilité.
Mon coeur se serre, comme pris dans un étau.
La gorge sèche, je tente de calmer son inquiétude.
Sa sérénité, son bien-être, sont fondamentaux.
Je me dois de lui assurer toute sa sollicitude.
Je sens que son corps se contracte.
Son sourire, effacé, fait place à une grimace.
Ses yeux bleus-verts voilés par une cataracte,
S'embrument de larmes, qui, le sang me glacent.
Doucement, je la prends par la main,
Elle me suit, tel un petit chat,
Avant d'éclater en sanglots son désarroi !
"Emmène-moi ! Je ne veux pas rester ici !"
Ces mots résonnent encore dans ma mémoire.
Comment ne plus la faire souffrir ?
"Je ne veux pas rester dans ce mourroir !"
"Je ne veux pas te faire de mal ! ...
... Ici, tu n'es pas en prison... !
... Tu vas vivre une vie normale...
... Tu seras heureuse ! Ce n'est pas une punition !"
Je sens mon coeur qui s'emballe !
A mon tour, je vais lâcher prise !
Cette solution est peut-être déloyale,
Car son rejet n'est pas une surprise !
Durant toute sa vie, elle nous a prévenus.
"Jamais ! vous entendez ? Jamais ...
En maison de retraite, vous m'enverrez !"
"Evidemment !" Avions-nous répondu.
Hier, elle a caché les guirlandes du sapin.
Ce matin, elle a décidé de partir à pied,
Incapable pourtant, de trouver son chemin.
En... Robe de chambre ! et surtout sans papiers !!!
Ma gorge est étranglée par les sanglots !
Je ne peux plus parler ! Plus lui parler !
Ma voix résonne de trémolos,
Tant je voudrais qu'elle puisse nous pardonner.
Oh ! Vilaine maladie ! Que je te Haïs !
A ta guise, tu effaces tout sur ton passage...
Les repères dans le temps, la mémoire et puis... LA DIGNITE !
Il ne reste plus, pour communiquer que... les messages ?
Lentement, tu amènes tes victimes vers la mort.
Un combat perpétuel contre un corps anéanti.
Un corps devenu frèle, un esprit indolore,
Un corps "ramassé" dans un cantou, pour notre ataraxie !
Christine GOURDON le 22 août2012
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Debout devant la porte de la chambre
Mon souffle est court, mes mains tremblent.
Aujourd'hui, jeudi, 6ème jour de décembre
Voilà 1 mois que cet endroit nous rassemble.
Assise dans un fauteuil près de la fenêtre,
Elle me regarde avec cet air étonné !
Ses yeux me disent sa peur, ou sa détresse, peut-être.
Ils m'obligent à un grand sentiment de culpabilité.
Mon coeur se serre, comme pris dans un étau.
La gorge sèche, je tente de calmer son inquiétude.
Sa sérénité, son bien-être, sont fondamentaux.
Je me dois de lui assurer toute sa sollicitude.
Je sens que son corps se contracte.
Son sourire, effacé, fait place à une grimace.
Ses yeux bleus-verts voilés par une cataracte,
S'embrument de larmes, qui, le sang me glacent.
Doucement, je la prends par la main,
Elle me suit, tel un petit chat,
Avant d'éclater en sanglots son désarroi !
"Emmène-moi ! Je ne veux pas rester ici !"
Ces mots résonnent encore dans ma mémoire.
Comment ne plus la faire souffrir ?
"Je ne veux pas rester dans ce mourroir !"
"Je ne veux pas te faire de mal ! ...
... Ici, tu n'es pas en prison... !
... Tu vas vivre une vie normale...
... Tu seras heureuse ! Ce n'est pas une punition !"
Je sens mon coeur qui s'emballe !
A mon tour, je vais lâcher prise !
Cette solution est peut-être déloyale,
Car son rejet n'est pas une surprise !
Durant toute sa vie, elle nous a prévenus.
"Jamais ! vous entendez ? Jamais ...
En maison de retraite, vous m'enverrez !"
"Evidemment !" Avions-nous répondu.
Hier, elle a caché les guirlandes du sapin.
Ce matin, elle a décidé de partir à pied,
Incapable pourtant, de trouver son chemin.
En... Robe de chambre ! et surtout sans papiers !!!
Ma gorge est étranglée par les sanglots !
Je ne peux plus parler ! Plus lui parler !
Ma voix résonne de trémolos,
Tant je voudrais qu'elle puisse nous pardonner.
Oh ! Vilaine maladie ! Que je te Haïs !
A ta guise, tu effaces tout sur ton passage...
Les repères dans le temps, la mémoire et puis... LA DIGNITE !
Il ne reste plus, pour communiquer que... les messages ?
Lentement, tu amènes tes victimes vers la mort.
Un combat perpétuel contre un corps anéanti.
Un corps devenu frèle, un esprit indolore,
Un corps "ramassé" dans un cantou, pour notre ataraxie !
Christine GOURDON le 22 août2012
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