benoit la plume
Maître Poète
LE CANARD VERT
La vie est rêche pour mon canard
Quand le gel est de la partie.
L’envie d’un pull ou d’un Damart
Aux coins des plumes le saisit.
De ma fenêtre je l’épie,
Et j’ai poussé le radiateur,
M’imaginant, c’est bête, qu’ainsi
Je lui envoie de la chaleur.
C’est dans ce parc très cher canard
Qu’au bel été on s’est connu
Quand le soleil se couchait tard,
L’hiver venu, on continue.
On se causait comme des égaux,
Et moi bien sûr je m’en cachais ;
Les hommes qui parlent aux oiseaux,
On veut souvent les enfermer.
Pourtant un peuple en son entier
Se mit à vénérer un coq,
Sûrement pour son penchant guerrier
Plus belliqueux que cinquante phoques.
Je sais aussi une princesse
Qui en dix ans apprivoisa
Un grand faucon de belle espèce
Et le monde en resta béat.
Mais mon canard souffrant du froid
M’attriste autant que le suicide
De l’actrice emplie de l’effroi
Des vergetures et puis des rides,
S’effaçant barbiturisée,
Afin qu’on ne retienne d’elle
Que l’image idéalisée
D’une Barbie qui fut si belle.
Un fils du roi passera-t-il
Avec son beau fusil d’argent ?
Les fils du roi sont mercantiles,
Ils prêtent l’argent à tant pour cent.
Aussi les marres ont disparu,
Les promoteurs ont bétonné ;
Un parc urbain a survécu,
Les promoteurs l’ont oublié.
Les grands espaces pour le pognon,
Pour les canards quelques réserves.
On est taxé d’esprit grognon
Si l’on critique ceux qui se servent.
Le dandinement saccadé
De mon ami le canard vert
Est tout ce qui me fait rêver
Et me conserve le ciel ouvert.
La vie est rêche pour mon canard
Quand le gel est de la partie.
L’envie d’un pull ou d’un Damart
Aux coins des plumes le saisit.
La vie est rêche pour mon canard
Quand le gel est de la partie.
L’envie d’un pull ou d’un Damart
Aux coins des plumes le saisit.
De ma fenêtre je l’épie,
Et j’ai poussé le radiateur,
M’imaginant, c’est bête, qu’ainsi
Je lui envoie de la chaleur.
C’est dans ce parc très cher canard
Qu’au bel été on s’est connu
Quand le soleil se couchait tard,
L’hiver venu, on continue.
On se causait comme des égaux,
Et moi bien sûr je m’en cachais ;
Les hommes qui parlent aux oiseaux,
On veut souvent les enfermer.
Pourtant un peuple en son entier
Se mit à vénérer un coq,
Sûrement pour son penchant guerrier
Plus belliqueux que cinquante phoques.
Je sais aussi une princesse
Qui en dix ans apprivoisa
Un grand faucon de belle espèce
Et le monde en resta béat.
Mais mon canard souffrant du froid
M’attriste autant que le suicide
De l’actrice emplie de l’effroi
Des vergetures et puis des rides,
S’effaçant barbiturisée,
Afin qu’on ne retienne d’elle
Que l’image idéalisée
D’une Barbie qui fut si belle.
Un fils du roi passera-t-il
Avec son beau fusil d’argent ?
Les fils du roi sont mercantiles,
Ils prêtent l’argent à tant pour cent.
Aussi les marres ont disparu,
Les promoteurs ont bétonné ;
Un parc urbain a survécu,
Les promoteurs l’ont oublié.
Les grands espaces pour le pognon,
Pour les canards quelques réserves.
On est taxé d’esprit grognon
Si l’on critique ceux qui se servent.
Le dandinement saccadé
De mon ami le canard vert
Est tout ce qui me fait rêver
Et me conserve le ciel ouvert.
La vie est rêche pour mon canard
Quand le gel est de la partie.
L’envie d’un pull ou d’un Damart
Aux coins des plumes le saisit.