reiuqrapelcram
Poète libéré
Au loin, des nuages de plomb déversaient
Sur l’horizon une pluie de soldats cuirassés.
Le ciel, ocre et terne, recouvrait nos destins
D’un voile chargé de mort et de vers latins.
Les dieux déclamaient par le bruit du tonnerre
Ce poème incompris à nos ouies chevalières.
Mais rien n’aurait pu détourner nos regards
De la sombre chimère qui s’écriait : « bagarre ».
Nous voulions vaincre la peur et l’ennemi
Pour prouver que nous étions des hommes,
Pour l’honneur de nos frères, et de la patrie.
Mais la peur, tenace, imprégnait son arôme ;
Nous rentrâmes dans la vallée au crépuscule
Tout en sachant que la guerre en majuscule
Nous y attendait ; c’est du costume de la nuit
Dont nous rêvions lâchement pour nos survies.
Nous perçâmes à brûle-pourpoint leurs lignes
Sans percevoir là, ce qui put nous être un signe ;
Certes, la victoire était facile, mais ce silence…
Il nous disait « attention » sans obtenir audience.
Et soudain des cris déchirèrent nos armures ;
La terre vibra sous les mouvements impurs
D’hostiles soldats nous encerclant vivement
Là où bientôt, couleraient la rivière et le sang…
Nous n’eûmes le temps de nous faire à l’idée
Que le fer couinait déjà notre indigne destinée ;
Mes amis tombaient comme s’écoulait le temps
Sur le fil d’une vie qui m’échappait à présent.
À l’aube, nous résistions encore aux fantassins
Pour grappiller quelques minutes de nos vies.
Mais la fatigue et le froid et la faim vinrent enfin
Figer mon corps sur une lame d’un métal aguerri.
Sur l’horizon une pluie de soldats cuirassés.
Le ciel, ocre et terne, recouvrait nos destins
D’un voile chargé de mort et de vers latins.
Les dieux déclamaient par le bruit du tonnerre
Ce poème incompris à nos ouies chevalières.
Mais rien n’aurait pu détourner nos regards
De la sombre chimère qui s’écriait : « bagarre ».
Nous voulions vaincre la peur et l’ennemi
Pour prouver que nous étions des hommes,
Pour l’honneur de nos frères, et de la patrie.
Mais la peur, tenace, imprégnait son arôme ;
Nous rentrâmes dans la vallée au crépuscule
Tout en sachant que la guerre en majuscule
Nous y attendait ; c’est du costume de la nuit
Dont nous rêvions lâchement pour nos survies.
Nous perçâmes à brûle-pourpoint leurs lignes
Sans percevoir là, ce qui put nous être un signe ;
Certes, la victoire était facile, mais ce silence…
Il nous disait « attention » sans obtenir audience.
Et soudain des cris déchirèrent nos armures ;
La terre vibra sous les mouvements impurs
D’hostiles soldats nous encerclant vivement
Là où bientôt, couleraient la rivière et le sang…
Nous n’eûmes le temps de nous faire à l’idée
Que le fer couinait déjà notre indigne destinée ;
Mes amis tombaient comme s’écoulait le temps
Sur le fil d’une vie qui m’échappait à présent.
À l’aube, nous résistions encore aux fantassins
Pour grappiller quelques minutes de nos vies.
Mais la fatigue et le froid et la faim vinrent enfin
Figer mon corps sur une lame d’un métal aguerri.