pat38000
Poète libéré
Le boulot un jour dit à un prolo
« Vous avez bien gréviste d’accuser l'entreprise ;
Une chaine pour vous est un pesant fardeau.
Le moindre engrenage, qui d’aventure s'aiguise
A graisser la proue du bateau..
Vous oblige à baisser la cadence
Cependant que mon usine, aux commodes payes,
Non content d’arrêter au congé d'été au soleil,
Brave l’effort du cataclysme dense.
Tout vous est perplexe, tout me semble aisances
Encore si vous naissiez à l’abri du chômage ,
Dont je couvre la promiscuité bien large
Vous n’auriez pas tant de souffrances ,
Je vous défendrais du dommage ;
Mais vous naissez le plus souvent
Sur du coton à l'uniforme blanc.
Le travail envers vous me semble bien immérité
- Votre compassion, lui répondit l'ouvrier,
Part d’un bon geste ; mais quittez ce souci.
Le sans emploi m'est moins qu’à vous redoutable.
Je trime, et ne flemme pas. Vous avez jusqu’ici
Mutations à bats coups épouvantables
Résisté sans courber le dos ;
Mais attendons la fin. « Comme il disait ces mots,
Du bout de la ligne accourt avec folie
Le plus terrible des plans
Que l'entreprise eût embauché jusque-là dans ses rangs.
Le boulot résiste ; l'ouvrier plie.
Le temps plein redouble ses efforts,
Et fait si bien qu’il déracine l’ors .
Celui de qui à la force brute était qu'une fabrique
Et dont le socle touchait à l’Empire des briques .
La morale de l'histoire
L’avenir appartient aux gens
Qui savent maitriser le changement
Plutôt que d'en être la poire .