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Le Bar

LordOvyan

Nouveau poète
Le Bar

Il faisait au moins un bon trois mille degrés dans ce bar quand on y est rentrés. Y’avait Star Académie à la télé, si ça c’est pas de la sodomie grandeur nature, qu’on m’explique alors pourquoi Leconte dépressif picolait dans un coin, en roulant une pelle à Johnny Walker, ce fils de pute de meurtrier. J’ai commandé une pute et un rêve et tu es venue, mais sans le rêve, alors j’étais baisé. M’enfin c’est moi qui ait baisé, mais j’me comprends. Je t’ai dit qu’avec moi les icebergs ne fondraient jamais, même si on fumait à nous deux une forêt de cannabis et qu’on niquerait tout ses emmerdeurs qui perforent la sécu’. Après tu m’as répondu en levant ton moignon qui te sert de bras gauche que le bleu du ciel se perd, sur quoi je t’ai rétorqué froidement que je m’en branlais bien vu qu’il faisait nuit. Puis y’a un type à la télé qui a commencé à boxer un poulpe et là j’me suis dit qu’une vie à pisser dans les oreilles d’un chien ne pouvait décemment pas être une vie envisageable et que de toute façon il faudrait une putain de sacré réserve d’eau. Peut-être autant qu’une mer, peut-être autant qu’un océan. Peut-être autant que tout ce que j’ai bu quand je pense à ça. Quand il a été deux heures du matin, le bar était plein donc ils ont voulus que nous partions pour les étoiles, les fous, s’ils savaient combien je suis torché. En roulant à 12 kilomètres heures, j’me suis demandé ce qui se passerait si j’avais un accident ici, maintenant, sous cet asphalte laiteux, et j’me suis dit que je baiserai le monde si je crevais ici, je vois déjà mon corps s’allonger en se déchirant contre le goudron et nos corps communiquer avec amour et plaisir alors que ma cervelle gicle de partout sur le goudron. Rien que du Sexe quoi. L’Orgasme absolu. Le pied total. Le Rideau Infini. Alléluia. Jah Love. Allah Akbar. Heil Hitler. Putain. Dommage que derrière les douze kilomètres heures, il y ait un vilain zéro tout gris, tout méchant, tout administratif, le genre de zéro qui se faisait un raie du cul sur la tête à douze ans pour faire plus Dupont que Dupont, et qui mettait des cravates aussi sexy que sa mère pour aller de paire à la FAC avec sa mallette noire. Le genre de zéro qui respecte scrupuleusement tous les codes et toutes les lois, sans exceptions, qui ne pisse jamais contre un mur, qui ne double personne, qui respecte les files d’attentes, qui fuit l’alcool et la clope comme le diable pour son jogging et qui ne lit qu’un livre par an, qui en plus est de Dan Brown. Le genre le zéro est à la fois derrière le douze, et derrière mon cul pour m’enculer en grand format en me souriant avec un air de pute. Dans cinq dixièmes de secondes, mon corps va toucher le sol, il fallait bien qu’il redescende un jour, dans son vol plané avorté. Ah bah putain. Il pleut enfin. Rideau.
 
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